Tristane Banon est-elle féministe? En voilà une bonne question. Depuis qu’elle est entrée sur la scène médiatique, elle a fait des violences faites aux femmes son nouveau combat. Il faut reconnaître qu’il fut difficile, dans un premier temps, d’envisager la jeune femme dans la peau d’une militante. L’ex-habituée de chez Castel, plus connue pour ses liaisons sulfureuses que pour ses prises de position radicales a encore bien du mal à se défaire de sa réputation d’intrigante germanopratine. Même maintenant que le Parquet de Paris a reconnu que DSK l’avait agressée sexuellement.
Revue de web du 18 novembre 2011
18 novL’effet Dilma
Depuis que le Brésil a élu une femme a sa tête malgré une culture plutôt machiste, le quotidien des femmes a-t-il progressé? Oui, répond le New York Times qui a mené l’enquête sur place. Grâce à un effet de miroir stimulant, les jeunes femmes brésiliennes se révèlent extrêmement ambitieuses. A lire ici.
Les Américains et le mythe de l’ascenseur
C’est un cliché qui revient souvent concernant nos amis américains : ils seraient tellement puritains et psychorigides qu’un homme n’oserait plus prendre l’ascenseur seul avec une femme, de peur d’être accusé de harcèlement. Un poncif démenti par les principaux intéressés, que l’on a bien souvent montrés du doigt en cette année DSK. Slate revient sur les fondements de cette légende urbaine.
L’égalité Homme/Femme, ça s’apprend… sur les bancs de l’université
Déconstruire préjugés et stéréotypes, réfléchir sur les inégalités homme/femme, c’est l’initiative originale et inédite de Paris-7. L’université propose, en première année de licence, une journée de formation à toutes les filières pour lutter contre les idées reçues. Un reportage à découvrir ici.
Revue de web du 31 août 2011
31 aoûtChaque jour (ou presque), une martienne vous envoie ses liens préférés. Anodins, engagés, révoltants, les articles sont choisis avec soin, essentiellement en français, mais parfois en anglais ou en espagnol…
DSK : Martine Aubry se réveille
Invitée sur le plateau du Grand Journal hier soir, Martine Aubry a enfin pris ses distances avec DSK. Alors qu’elle n’avait jamais écarté sa participation à la campagne du PS et qu’elle avait fait part d’un «immense soulagement» à l’annonce de l’abandon des charges contre lui, elle a déclaré hier: « Je pense la même chose que beaucoup de femmes sur l’attitude de Dominique Strauss-Kahn vis-à-vis des femmes ». Un revirement plus raccord avec son positionnement féministe – ou du moins féminin – dans cette campagne ? En tout cas, un message adressé à l’électorat féminin sur lequel elle compte plus que jamais. A lire ici.
Croisade contre l’enseignement de l’identité sexuelle
80 députés UMP ont fait leur coming-out et ouvertement demandé au gouvernement de retirer la notion d’identité sexuelle de l’enseignement de SVT au collège. Leur argument : ce type de cours ferait appel à la notion de « genre » qui n’est pas scientifique. Une vision que conteste Bruno Julliard, invité sur France Inter ce matin. A écouter ici.
Haïti, les femmes grandes oubliées de la reconstruction
Près de 20 mois après le tremblement de terre, qui a tué environ 300.000 personnes sur l’île, l’organisation Human rights watch tire la sonnette d’alarme. Les femmes seraient exclues de l’effort de reconstruction et ne bénéficieraient pas de l’aide massive apportée au pays. Parfois victimes de violences sexuelles, elles seraient sans accès aux soins. Reportage édifiant du Los Angeles Times. A lire ici.
Revue de web du 24 août 2011
24 aoûtChaque jour (ou presque), une martienne vous envoie ses liens préférés. Anodins, engagés, révoltants, les articles sont choisis avec soin, essentiellement en français, mais parfois en anglais ou en espagnol…
L’effet Nafissatou Diallo
On le sait maintenant : il n’y aura pas de procès DSK aux Etats-Unis (du moins au pénal). Et c’est une mauvaise nouvelle pour toutes les victimes de viol. Car la décision du procureur Cyrus Vance rappelle à quel point il est difficile de juger une affaire qui se résume à une parole contre une autre. Le point de vue de Béatrice Gamba, militante de Mix-Cité, à lire ici.
L’homme au foyer, un concept plein d’avenir
L’émancipation des femmes et les bouleversements de la structure familiale classique ont donné naissance à une nouvelle race de pères : les hommes au foyer. Plus proches de leurs enfants et plus investis dans la vie de famille, ils tentent de s’affranchir des codes de la virilité, mais restent largement minoritaires. Lucie Montchovi et Hélène Lam-Trong retracent sur France info l’évolution de la paternité depuis 30 ans. A écouter ici.
Radio : où sont les femmes ?
Alors que les radios font leur rentrée les unes après les autres, les grilles sont à l’image du partage des tâches de bien des foyers: pendant que les hommes parlent politique, les femmes s’occupent des enfants. L’analyse des Nouvelles News à lire ici.
Revue de web du 21 juillet 2011
21 juil"La rue m’appartient aussi"
C’est le message de la trentaine de femmes afghanes qui ont manifesté à Kaboul le 14 juillet dernier, à l’appel de deux associations. L’enjeu, protester contre le harcèlement qu’elles subissent quotidiennement dans les rues. Ces femmes libres, jugées "provocatrices", seraient ainsi punies pour leur indécence. Pour lire la suite
15 mauvaises raisons de ne pas être féministe
Maïa Mazaurette a encore frappé. Dans son billet Quinze mauvaises raisons de ne pas être féministe, elle démonte avec talent les principaux arguments des antiféministes primaires. Du classique "mal baisées" au plus original "je n’aime pas les mots en isme", tout y passe. A faire lire aux récalcitrant(e)s et aux autres, qui réviseront au passage quelques notions de base. Un article à lire ici
Le plus dur, c’est après la plainte
Qui s’intéresse aux victimes de harcèlement sexuel au travail? C’est la question que pose Marilyn Baldeck, déléguée de l’AVFT, l’Association contre les violences faites aux femmes au travail. Après l’affaire DSK, "la question de la « libération de la parole des femmes » n’a aucun intérêt si on ne se préoccupe pas aussi de l’accueil des victimes et du rôle que doivent jouer les différents acteurs", explique-t-elle. A lire sur ELLE.fr
Revue de web du 20 mai 2011
20 maiChaque jour (ou presque), une martienne vous envoie ses liens préférés. Anodins, engagés, révoltants, les articles sont choisis avec soin, essentiellement en français, mais parfois en anglais ou en espagnol…
Christine Lagarde aux portes du FMI
Notre ministre des Finances jouit d’une telle réputation dans le milieu financier mondial qu’elle est pressentie pour remplacer DSK à la tête du FMI. Il semblerait qu’une candidature féminine soit bienvenue ces derniers temps… Mais contrairement aux prétendants mâles, la presse n’hésite pas à décrire son physique et son look , probablement des atouts-clé pour lutter contre la crise mondiale. Toutefois, Christine Lagarde pourrait, elle aussi, être rattrapée par la justice et être privée de cette belle promotion.
La reporter Dorothy Parvez libérée de sa prison iranienne
La journaliste irano-canadienne de la chaîne Al-Jazira avait disparu fin avril en Syrie après avoir « tenté d’entrer illégalement » dans le pays (après vérification, ses papiers semblaient tout à fait en règle). Dans une interview accordée à sa chaîne, elle raconte ses quelques jours de détention à Damas, et les séances de torture qu’elle y a entendues, avant d’être transférée en Iran. A lire et à regarder ici
Être une femme et conduire
Najla Hariri conduit seule. Ceci n’a rien d’exceptionnel en soi. Mais en Arabie Saoudite, cet acte est politique et courageux. Malgré l’interdiction pour les femmes de prendre le volant, cette mère de cinq enfants, soutenue par son époux, a décidé de conduire. Elle serait la seule dans le pays. Munie de son passeport international, elle espère faire bouger les choses. Selon les opposants à la conduite des femmes, il serait moins dangereux pour une femme d’être accompagnée par un homme. Ils estiment que ces dernières devraient se sentir honorées de ne pas avoir à conduire. A lire sur BBC News
Maria Shriver, "The Good Wife" ?
19 mai
Maria Shriver et Arnold Schwarzenegger, lors de sa victoire en 2003 Crédits: schumachergirl1956 Flikr: cc
Elle se tient derrière lui, stoïque le visage fermé, impassible aux crépitement des flash des photographes. La conférence de presse doit commencer. Lui, son mari, commence son discours. Il est désolé et présente ses excuses à Dieu, à sa femme et à sa famille. Il est accusé de corruption et d’être trempé dans un scandale sexuel. Cette femme n’est pas Maria Shriver, épouse fraîchement séparée d’Arnold Schwarzenegger, qui a eu un enfant avec un membre de son staff, mais Alicia Florrick, un personnage de fiction. La scène est issue de la série télévisée à succès The Good Wife. Dans la série, l’héroïne a sacrifié sa carrière pour son époux. Maria Shriver aussi.
Revue de web spéciale DSK
17 mai.
Il truste toute l’actu depuis dimanche. Impossible d’échapper à la déferlante de tweets, aux soirées spéciales, et aux décryptages en tout genre. Avec un angle commun : l’avenir politique et personnel de DSK. Rares sont ceux qui se sont intéressés d’emblée au sort de sa présumée victime, visiblement en état de choc après son passage dans la suite 2806. Depuis hier soir cependant, quelques voix commencent à briser le consensus pro-DSK. Il y a d’abord eu Clémentine Autain, qui s’est exprimée sur le web puis chez Frédéric Taddei, et a dénoncé le tabou franco-français qui règne autour des agressions sexuelles.
Ce matin, Osez le féminisme embrayait avec un communiqué spécial DSK. Dans la foulée, la blogueuse Olympe publiait un post corrosif sur les soupçons qui pèsent systématiquement sur les victimes de viol osant porter plainte. Le chroniqueur David Abiker s’interrogeait lui aussi sur son blog sur le peu de cas fait à la femme de chambre du Sofitel. Après le choc des premières heures, les langues commencent à se délier, dans la sphère politique et ailleurs.
Un constat émerge petit à petit : DSK n’est pas qu’un séducteur, il a carrément une réputation de gros lourd, et traîne pas mal de casseroles. Et le pire, c’est que tout le monde politique et médiatique était visiblement au courant, mais n’a jamais rien dévoilé.
Si cette omerta caractéristique de la France est probablement un vestige de nos traditions courtisanes, elle est surtout le signe d’un pays machiste qui semble particulièrement peu réceptif à la souffrance des femmes violentées et n’hésite pas àla tourner en dérision. Après l’affaire Lara Logan, le cas DSK – qui n’en est qu’à ses prémices – met à nouveau en lumière le tabou qui règne autour du viol en France, et qui fait paradoxalement des victimes des suspectes. Que l’agresseur présumé soit cette fois une célébrité mondiale va peut-être nous obliger à réfléchir sur le silence qui pèse sur ce type de violences, et sur la nécessité de le briser une bonne fois pour toutes.
Myriam Levain
Anne Sinclair présidente, et pourquoi pas ?
24 févcredit: FMI Flikr:cc
Deux semaines qu’elle squatte les unes de journaux, les reportages télé et les dîners en ville. « Je ne souhaite pas qu’il fasse un second mandat au FMI » : avec ces quelques mots au sujet de son mari Dominique Strauss-Kahn, Anne Sinclair a réussi à enflammer tout le paysage politique français, qui décrypte depuis la moindre respiration du ténor PS. Une surenchère qui a poussé Alain Juppé à ironiser sur son blog dans un post intitulé Eurêka : « Fin d’un insupportable suspense. Qui sera la candidate socialiste à la prochaine élection présidentielle ? J’ai trouvé : ni Martine Aubry, ni Ségolène Royal, mais, bien sûr, Anne Sinclair… ». Et pourquoi pas ? Plaidoyer en quatre points pour une candidature fictive.









