Aujourd’hui, Najat Vallaud-Belkacem fête le premier anniversaire de son ministère. Il y a un an (re)naissait le Ministère des Droits des femmes, innovation du tout neuf gouvernement Ayrault, et, je dois bien l’avouer, je ne me suis pas réjouie de cette nouvelle en l’apprenant. Pour moi, ce ministère était un symbole d’un autre âge, un reliquat des années Mitterrand que j’avais étudié en cours d’histoire comme un grand progrès d’une époque révolue. En son temps, le Ministère des Droits de la femme, occupé par Yvette Roudy de 1981 à 1986, faisait suite au vaste mouvement pour la légalisation de l’IVG obtenue en 1975 ; il était le reflet des luttes féministes des années 70 ayant tant apporté aux femmes. Sous Giscard, Françoise Giroud avait d’ailleurs été la première secrétaire d’Etat à la condition féminine. Oui mais, l’année dernière, nous étions en 2012, et ces combats nous semblaient enterrés : pourquoi donc ressusciter un tel vestige ?
Les politiques n’ont jamais été aussi féministes
13 marSe déclarer "féministe" a rarement été une revendication gage de succès en politique. Pour faire court, rares sont les personnalités politiques qui se déclarent comme telles. La plupart du temps, ce sont des femmes. Pourtant depuis quelque temps, le terme n’a jamais été aussi à la mode. Repris par les femmes politiques de tout bord, même d’extrême droite.
Florence Foresti est une martienne
4 marOn savait depuis longtemps qu’elle était féministe, Florence Foresti. Elle ne s’en est jamais cachée et ses spectacles sont aussi efficaces que n’importe quel tract. Grâce à elle et son Motherfucker, une génération de jeunes mères peut maintenant faire des blagues sur l’accouchement et ne plus culpabiliser en avouant qu’être maman, ce n’est pas tous les jours le plus beau métier du monde. Mais en participant à la Master classe de France 4 enregistrée à l’occasion du 8 mars, elle a montré que ses convictions ne se résumaient pas à quelques bons mots: Florence Foresti est une martienne, une vraie.
Dans patronyme, il y a (aussi) patriarcat
11 févÇa y est, on y est presque : demain, l’Assemblée Nationale votera le projet de loi autorisant le mariage pour tous. Si vous n’avez pas échappé au débat sur la PMA et la GPA, vous avez peut-être manqué les discussions autour de l’article de loi n°2 : celui qui modifiera la transmission du nom de famille. « Une révolution [qui] avance masquée », selon le désormais célèbre Hervé Mariton. Rien que ça ! Le principal orateur (et donc opposant au projet) du groupe UMP se désole de cette nouvelle déliquescence de la famille avec un grand F, avec plusieurs arguments imparables.
Sciences Po Bordeaux: Sanctionnez les sexistes!
5 févA Sciences Po Bordeaux, un groupuscule d’un genre inédit fait parler de lui. Ouvertement misogyne et homophobe, il s’est s’auto-proclamé "masculiniste". Dans un contexte expliqué par l’Express, une page Facebook s’est créée (à plusieurs reprises). Son ambition: débattre par exemple sur le bien-fondé des viols collectifs, en postant des perles comme "la parité enferme l’homme dans sa condition sexuelle et le réduit à un pénis. Pourquoi devrions-nous céder notre place sous prétexte d’être né avec un troisième membre?".
Sexiste, Hollywood ?
11 janDans un mois, aura lieu la 85ème cérémonie des Oscars à Los Angeles. Mais une fois de plus, le tapis rouge sera majoritairement foulé par des hommes. Les nominations sont tombées hier, et le casting laisse sans voix. Zéro femme dans la catégorie "Réalisation" ou "Scénario", une seule dans la catégorie "Meilleur film": Kathryn Bigelow, qui n’a même pas été retenue dans les cinq réalisateurs finalistes.
L’invitée des Martiennes #1 Rap US, les femcees sont-elles féministes ?
7 janNouvelle année, nouvelle rubrique. Désormais, les Martiennes invitent une fois par mois des contributrices/teurs à écrire sur un thème de leur choix.
Nicki Minaj, rappeuse US héritière de « Queen bitch », est formelle : « There is only one crown, there can only be one Queen » (« Il n’y a qu’une couronne, il ne peut donc y avoir qu’une reine »). Pourtant, aux Etats-Unis, n’en déplaise à Nicki et ses aphorismes, on assiste à un véritable raz-de-marée de femcees – équivalent féminin de MC (les rappeurs). Le phénomène mérite que l’on s’y intéresse. Non seulement parce qu’ il intervient dans un milieu réputé pour sa misogynie où être une femme se résume souvent à un bikini pailleté au bord d’une piscine ou quelques notes d’un refrain en haut d’un building. Mais également parce qu’en France notre principale rappeuse a jeté un voile sur sa carrière… Alors, ces jeunes femcees et leur flow symbolisent-ils l’union du rap et du féminisme ?
Le féminisme pour les nuls
11 décAprès Carla Bruni, c’est au tour de Maïwenn, et ça commence à faire beaucoup en deux semaines. Cette fois, c’est l’ actrice et réalisatrice qui prend le féminisme pour cible. Dans une interview donnée au magazine Glamour de janvier 2013, elle répond à la question: "Le féminisme ça vous parle?" Sa réponse est pour le moins inattendue puisque cette dernière explique: "Non, ça a même plutôt tendance à m’irriter. Je n’aime pas les extrêmes donc pas plus les féministes que les misogynes. Mais je suis vraiment concernée par la condition féminine. Si je sens des femmes atteintes dans leur dignité, je m’énerve". Pour résumer, Maïwenn confond misandrie et féminisme. Et elle assimile machisme et féminisme comme si ces deux phénomènes étaient comparables. Pourtant, ils n’ont rien à voir. Nous l’avions expliqué dans notre post Attention, je ne suis pas féministe et il apparaît nécessaire de le compléter aujourd’hui. Car ce n’est un scoop pour personne, le féminisme a toujours mauvaise presse. Voici donc un florilège de préjugés à déconstruire:
Chère Carla Bruni
28 novVous devez avoir les oreilles qui sifflent depuis deux jours. Il faut dire que nous sommes un certain nombre à vous parler sur Twitter à travers le hashtag #ChèreCarlaBruni, lancé par Osez le féminisme en réponse à votre interview à paraître dans Vogue. Un entretien qui révèle que vous aussi, vous souffrez du syndrome «Attention, je ne suis pas du tout féministe», malheureusement très répandu. D’après ceux qui ont pu vous lire, voici en substance votre position : « Dans ma génération, on n’a pas besoin d’être féministe. Il y a des pionnières qui ont ouvert la brèche. Je ne suis pas du tout militante féministe. En revanche, je suis bourgeoise. J’aime la vie de famille, j’aime faire tous les jours la même chose. J’aime maintenant avoir un mari. Je suis une vraie bourge! J’ai fini par devenir ma mère, à certains égards, malgré mes huit ans d’analyse! »
Sexisme en politique : l’épisode Le Foll
25 octÇa partait pourtant d’une bonne intention pour mieux inscrire les femmes dans la vie politique… Mais c’est raté pour Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture. Dans une interview accordée à l’Express, ce dernier a raconté en début de semaine, comment se déroulaient les cours d’antisexisme dispensés aux membres du gouvernement par Caroline de Haas. Malheureusement, alors que le ministre se présentait comme une personnalité favorisant la présence des femmes dans son ministère, il a déclaré, probablement de bonne foi, "J’ai tenté de promouvoir des femmes au maximum, bien que nos dossiers soient très techniques". Se défendre de sexisme en faisant un commentaire sexiste, il fallait le faire, et le web s’est tout de suite emparé de ce dérapage. Cela méritait-il une polémique? OUI et voici pourquoi :










