Sanglantes 1ères dames

30 Jan
Leila ben Ali, épouse de dictateur

Leila ben Ali Flikr: cc

Culte de la personnalité, meurtres, corruption, tous les moyens sont bons pour s’imposer au pouvoir lorsqu’on est femme de dictateur. D’Eva Peron à Agathe Habyarimana, en passant par Jiang Qing, ou encore Simone Gbagbo et Leïla Ben Ali, petit tour d’horizon de ces Premières dames, qui ne sont pas contentées de leur statut de » Femmes de ».

Le sexe est attirant au début. Mais ce qui compte à la longue c’est le pouvoir”. Attribuée à la redoutable Jiang Qing, quatrième femme de Mao Zedong, cette citation pourrait s’appliquer à certaines épouses de dictateur. L’exemple le plus récent est bien sûr le cas de Leïla Ben Ali, née Trabelsi, aussi appelée par la presse “la femme la plus détestée de Tunisie”. Obligée de quitter le pays avec son époux, cette ancienne coiffeuse avait réussi à s’imposer, depuis son accession au titre de Première dame en 1992. Soupçonnée de diriger ces dernières années en lieu et place de son mari, affaibli par la maladie, elle aurait emporté dans sa fuite 1,5 tonne d’or.

Cependant, Leïla Ben Ali n’est pas la première femme de dictateur à exercer une telle influence. Son aînée, Simone Gbabo, Première dame (en suspens) de Côte d’Ivoire n’a rien à lui envier. Surnommée dans son pays “La dame de Sang”, elle est redoutée pour sa ligne dure. Cette femme politique a oeuvré pour l’ascension de son époux. Élue députée en 1995, puis vice-présidente du Parlement ivorien, elle n’atteint le grade de Première dame qu’en 2000. Elle est soupçonnée d’être à l’origine de l’assassinat du journaliste français Guy-André Kieffer, enlevé en 2004.

Dans les femmes de dictateurs, on retrouve trois types de d’épouses, explique Diane Ducret, auteur de Femmes de Dictateur. Les femmes d’influence comme Leila Ben Ali ou Simone Gbagbo. Quatrième femme de Mao Zedong, Jiang Qing appelle ces femmes “les chiennes de pouvoir”. Elles gouvernent avec leur mari. Les deux autres catégories sont plus soumises. “ Les ménagères désespérées sont ces femmes sacrifiées à une cause, qui ne s’occupent pas de politique, comme Eva Braun, dernière compagne d’Hitler, ajoute Diane Ducret. Et les intellectuelles-formatrices, celles qui jouent le rôle de mère de substitution pour les dictateurs, comme Margharita Sarfatti pour Mussolini.”

Une domination impitoyable

Les plus redoutables sont celles qui gouvernent envers et contre tout. Dans les années 70, c’est la dernière femme de Mao Zedong, Jiang Qing qui fait parler d’elle. Assoiffée de reconnaissance, cette actrice, surnommée “la Pomme Bleue”, emprisonnait ou humiliait ses rivales: nounou de ses enfants, compagnes de ses anciens maris (elle a vécu avec quatre hommes avant Mao). Mais l’une des premières dames les plus “sanglantes” demeure Agathe Habyarimana. Épouse de Juvenal Habyarimana, qui réussit un coup d’Etat au Rwanda en 1973, elle est accusée d’avoir orchestré le génocide des Tutsis au Rwanda, (près d’un million de morts) après le décès de son mari dans un accident suspect d’avion en 1994.

Complices ou co-dirigeantes, les femmes de dictateur déchues n’ont pas échappé à la vindicte populaire. Elena Ceausescu, en Roumanie fut jugée et exécutée avec son mari. Cette dernière vouait d’ailleurs une admiration à une autre Première dame de tête l’argentine Isabel Peron. Cette dernière, une simple danseuse devint vice-présidente de son époux et lui succéda huit mois après sa mort. Elena Ceausescu, qui rendra visite à Jiang Quing dira d’Isabel Peron: “Si une prostituée de Caracas peut faire ça, pourquoi pas une femme scientifique”. Elle deviendra ainsi vice-Premier ministre en 1980, soit le numéro 2 du régime.

Un point commun rapproche toutes les femmes de dictateurs. Elles sont toutes trompées et bafouées par leur mari. “Celles qui gouvernent sont les seules à s’accommoder de la situation au profit de leur intérêt personnel, précise Diane Ducret. Celle qui donne une impulsion, c’est Evita, elle montre aux femmes de dictateur qu’elles aussi peuvent y arriver. Leurs époux ont accédé au pouvoir grâce et avec elles. Et elles savent se rendre indispensables.

Charlotte Lazimi

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