Revue de web spéciale DSK

17 Mai
Dominique Strauss-Kahn

Dominique Strauss-Kahn, le 1er février 2011, à Singapour. Crédits: FMI Flikr: cc

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Il truste toute l’actu depuis dimanche. Impossible d’échapper à la déferlante de tweets, aux soirées spéciales, et aux décryptages en tout genre. Avec un angle commun : l’avenir politique et personnel de DSK. Rares sont ceux qui se sont intéressés d’emblée au sort de sa présumée victime, visiblement en état de choc après son passage dans la suite 2806. Depuis hier soir cependant, quelques voix commencent à briser le consensus pro-DSK. Il y a d’abord eu Clémentine Autain, qui s’est exprimée sur le web puis chez Frédéric Taddei, et a dénoncé le tabou franco-français qui règne autour des agressions sexuelles.

Ce matin, Osez le féminisme embrayait avec un communiqué spécial DSK. Dans la foulée, la blogueuse Olympe publiait un post corrosif sur les soupçons qui pèsent systématiquement sur les victimes de viol osant porter plainte. Le chroniqueur David Abiker s’interrogeait lui aussi sur son blog sur le peu de cas fait  à la femme de chambre du Sofitel. Après le choc des premières heures, les langues commencent à se délier, dans la sphère politique et ailleurs.

Un constat émerge petit à petit : DSK n’est pas qu’un séducteur, il a carrément une réputation de gros lourd, et traîne pas mal de casseroles. Et le pire, c’est que tout le monde politique et médiatique était visiblement au courant, mais n’a jamais rien dévoilé.

Si cette omerta caractéristique de la France est probablement un vestige de nos traditions courtisanes, elle est surtout le signe d’un pays machiste  qui semble particulièrement peu réceptif à la souffrance des femmes violentées et n’hésite pas àla tourner en dérision. Après l’affaire Lara Logan, le cas DSK – qui n’en est qu’à ses prémices – met à nouveau en lumière le tabou qui règne autour du viol en France, et qui fait paradoxalement des victimes des suspectes. Que l’agresseur présumé soit cette fois une célébrité mondiale va peut-être nous obliger à réfléchir sur le silence qui pèse sur ce type de violences, et sur la nécessité de le briser une bonne fois pour toutes.

Myriam Levain

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