François Hollande, le président des femmes ?

9 Mai

François Hollande Flickr: cc crédits François HollandeFrançois Hollande était loin d’être le candidat idéal des femmes. Et pourtant il leur a fait beaucoup de promesses. Peut-être parce que les féministes se sont invitées dans la campagne, peut-être aussi parce que dans cette élection la voix des femmes a aussi (un peu) porté. Espérons que ça dure…

Les femmes attendent François Hollande au tournant. Pendant les primaires socialistes, ce dernier était largement devancé sur la question de leurs droits par une Martine Aubry ou une Ségolène Royal. C’est d’ailleurs Martine Aubry qui avait reçu le soutien non négligeable de Françoise Héritier et de tout le gratin féministe. Loin d’être périphériques, comme certains l’ont expliqué, ces questions dites « féminines » sont essentielles pour ce nouveau quinquennat, aussi bien sur le plan des valeurs que sur l’aspect économique. Car, si la crise et la relance de la croissance ont occupé (à juste titre) le devant de la scène pendant cette campagne, il est utile de rappeler que les femmes sont les premières concernées. Ce sont elles qui sont les plus précaires et les plus pauvres (80% des contrats à temps partiel sont occupés par des femmes, 17% d’entre elles touchent un très bas salaire et  1/3 des familles monoparentales vivent sous le seuil de pauvreté).

Le septième Président de la république a promis de se battre pour la parité, contre le temps partiel subi, pour l’égalité des salaires, pour plus de places de crèches. Il souhaite aussi créer un ministère des Droits des femmes, ou encore rouvrir les centres IVG dans tous les grands hôpitaux. Vaste programme ! Ce sont 40 engagements, pas moins, qui répondent à l’interpellation du Laboratoire de l’égalité lancé pendant la campagne. Des engagements loin d’être tombés dans l’oreille de sourdes. La nomination des ministres sera un premier test. Certes François Hollande a promis une parité en nombre, mais en terme de responsabilités, il reste flou, et a laissé supposer que les femmes auraient de moins grands ministères que leurs collègues masculins. Notons que dans son équipe de campagne, la parité était très loin d’être respectée avec seulement un tiers de femmes dans l’ensemble, et un quart à sa direction. Par ailleurs, si le PS présente autant de femmes que d’hommes aux élections législatives, seulement 34% sont en position d’éligibilité. Un progrès peut-être, mais très en dessous de ce qu’on pourrait attendre en 2012. Difficile, donc, de se satisfaire de ces petites avancées, surtout à un moment où les droits des femmes ont été sévèrement remis en cause par l’extrême-droite, avec les diatribes de Marine Le Pen contre « l’IVG de confort » ou pour le « salaire parental ». Le discours ambiant se résume à « si vous avez la parité au gouvernement, ce sera déjà bien ». Au contraire, douze ans après le vote de la loi, il est temps que la classe politique se transforme en profondeur, ouvrant complètement ses portes aux femmes, aux jeunes, et à la diversité. Une condition sine qua none pour un vrai changement maintenant. « Une Première ministre, ça aurait de la gueule », lisait-on le jour de son élection sur Twitter. Rendez-vous donc le 16 mai.

Charlotte Lazimi

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