L’amour, les hommes, la monogamie… par Maïa Mazaurette

25 Sep
maia mazaurette la coureuse

La Coureuse, Editions Kero

Maïa Mazaurette parle de sexe sans parler de cul et n’a jamais caché ses convictions féministes. Ne vous fiez donc pas à la couverture de son dernier roman, La Coureuse, que l’on pourrait, à première vue, prendre pour de la vulgaire chicklit. Derrière la chronique d’une rencontre et d’une rupture, se trouve en fait une certaine vision du couple et des rapports hommes-femmes : la sienne.

« J’ai voulu écrire un bouquin énervé, nous a-t-elle confié. J’ai beaucoup fait la fille sympa, la féministe friendly, mais cette fois j’avais besoin de dire que tout ne va pas bien pour les femmes. » Au cœur de sa démonstration : les sacrifices pour lesquels sont conditionnées les femmes d’aujourd’hui et les manipulations que la société les encourage à faire pour conquérir les hommes. Le culte de la minceur, l’obsession du maquillage ou bien le mythe de la robe de mariée, tout y passe. Loin de l’atmosphère Harlequin, l’héroïne et son nouvel amant bâtissent leur relation à la manière dont on bâtirait une start-up. C’est du donnant-donnant, et il n’est pas question que la femme soit perdante dans cette transaction permanente. « Gérer sa carrière amoureuse comme on gèrerait sa carrière professionnelle, ce n’est pas du tout absurde, défend Maïa Mazaurette. Après tout, faire des enfants c’est une deuxième carrière. »

Ce qui ressemble d’abord à un calcul cynique se révèle être une analyse des rapports de force entre les sexes et de notre vision contemporaine du couple. Pour Maïa Mazaurette, il faut tout repenser, sachant que « c’est prouvé scientifiquement mille fois, au bout de deux ou trois ans, les hormones disparaissent et tout s’écroule. » L’auteure dénonce la religion de l’amour qui caractérise notre époque, et plutôt que l’union pour la vie (qui rime le plus souvent avec adultère) elle plaide pour la « monogamie sérielle », à savoir construire un nouveau couple, fidèle, à chaque nouveau coup de foudre… donc tous les deux ou trois ans. La coureuse, on aime ou on déteste, on s’y retrouve un peu, beaucoup ou pas du tout. Mais quel que soit notre avis sur les thèmes abordés, la réflexion qui sous-tend le récit a le mérite de remettre les femmes au centre du jeu, d’en faire des sujets libres, en questionnant leurs moteurs et leurs désirs sans aucun filtre girly.

Myriam Levain

6 Réponses to “L’amour, les hommes, la monogamie… par Maïa Mazaurette”

  1. Cécile septembre 26, 2012 à 8:34 #

    Merci pour cette présentation de La Coureuse, ça m’a donné envie de le lire🙂

  2. Tatiana MK octobre 2, 2012 à 5:37 #

    Pour Maïa Mazaurette, il faut tout repenser, sachant que « c’est prouvé scientifiquement mille fois, au bout de deux ou trois ans, les hormones disparaissent et tout s’écroule. » => très intéressant ce concept! J’adore!

  3. eczistenz octobre 10, 2012 à 10:39 #

    Une vision exclusivement hormonale, passionnée, émotive… de l’amour. Non, moi j’aime et je désire aussi avec mon cerveau

    • Zita septembre 22, 2013 à 7:32 #

      Tout à fait d’accord avec toi eczistenz! A priori, encore une vision très cynique de l’amour; on n’est pas des animaux, bordel! Mais par contre, elle dit croire à la fidélité le long de ces 3 années d’amour intense… il faudrait savoir! T’as les hormones en ébullition ou tu les as pas! Alors si je comprend bien, elle refuse qu’on se mette des « oeillères » durant toute sa vie mais 3 ans durant, on peut! Et puis plus, le temps de rencontrer le futur pigeon, et à nouveau, etc. Strange, quand-même! Et hypocrite! Pourquoi ne pas admettre qu’il est possible d’aimer plusieurs personnes au même moment et… pour longtemps! Il faut revoir le concept de fidélité…

  4. Aerys octobre 22, 2012 à 5:18 #

    En tant que mec, je suis heureux de voir une femme loin des clichés cul cul  » l’amour c’est pour la vie », ca fait un bail que je le rabache, apres 3 ans en moyenne, la flamme commence à s’éteindre et tout devient moins passionnel, plus chiant, pour les deux partis du couple, donc avant que ca ne finisse en drame personnel, mieux vaut y mettre un terme pour éviter des souffrances inutiles.

  5. Paul octobre 24, 2012 à 11:22 #

    Une théorie intéressante mais pas partagée…. bon va falloir que je lise ce bouquin pour mieux comprendre🙂

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