Sexisme en politique : l’épisode Le Foll

25 Oct

crédits: Cyril Cavalié Flikr: cc

Ça partait pourtant d’une bonne intention pour mieux inscrire les femmes dans la vie politique… Mais c’est raté pour Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture. Dans une interview accordée à l’Express, ce dernier a raconté en début de semaine, comment se déroulaient les cours d’antisexisme dispensés aux membres du gouvernement par Caroline de Haas. Malheureusement, alors que le ministre se présentait comme une personnalité favorisant la présence des femmes dans son ministère, il a déclaré, probablement de bonne foi, « J’ai tenté de promouvoir des femmes au maximum, bien que nos dossiers soient très techniques ». Se défendre de sexisme en faisant un commentaire sexiste, il fallait le faire, et le web s’est tout de suite emparé de ce dérapage.  Cela méritait-il une polémique? OUI et voici pourquoi :

En évoquant ces fameux dossiers techniques, Stéphane Le Foll sous-entendait bien sûr que les femmes auraient des difficultés à les gérer, la technique étant traditionnellement l’affaire des hommes.  Un sexisme ordinaire en somme, et surtout inconscient de la part de l’intéressé. Pour la ministres des droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem, à l’origine de cette formation interne de 45 minutes, il n’y a donc pas de quoi polémiquer, indique-t-elle via un poste de son blog. Même si nous saluons son initiative, nous pensons toutefois qu’il ne faut jamais minimiser les manifestations de sexisme ordinaire, révélateurs de préjugés qui ont du mal à disparaître.

Madame la ministre, l’idée n’est pas de stigmatiser M. Le Foll, mais d’attirer l’attention sur cette partie de la classe politique à qui tout semble échapper en matière de sexisme et de discrimination. Et Stéphane Le Foll est loin d’être le seul.  Sur notre blog, nous ne cessons de nous répéter depuis des mois sur ces mêmes thèmes. Nous nous sommes déjà insurgées contre l’absence de parité aux législatives au PS et à l’UMP. Nous nous sommes étonnées du sexisme décomplexé qui a régné cet été au sein de la classe politique, émoustillée lors de l’incident de la robe de Cécile Duflot dans l’hémicycle. Nous ne pouvons pas non plus nous empêcher de remarquer que le nouveau parti de Jean-Louis Borloo, censé incarné l’avenir, n’a pas jugé utile de respecter la parité (comme le relevait Lydia Guirous), malgré le soutien de Chantal Jouanno. C’est ce qui nous inquiète.

Car que la classe politique soit aussi sexiste que la plupart de nos citoyens, c’est une chose. Mais comment pouvons-nous espérer un quelconque changement de fond sur la parité, l’égalité salariale, le harcèlement sexuel et les viols, la politique de la petite enfance, l’inégalité entre hommes et femmes face à la retraite – tous ses sujets dont le seul point commun est de toucher essentiellement les femmes – si nos dirigeants sont inconscients de ces réalités? Comment imaginer une société plus juste, plus égale dans ces conditions ? Nous saluons évidemment l’initiative de Jean-Marc Ayrault de former des ministres sur le sexisme qui semblent en avoir grand besoin. Mais nous ne pouvons nous empêcher d’être inquiètes sur l’ignorance généralisée des politiques face aux discriminations quotidiennes dont sont victimes les femmes.  Alors que faire? Probablement rallonger la fameuse formation destinée aux ministres , mais surtout commencer ce travail auprès de tous les Français dès l’école maternelle, pour lutter contre les stéréotypes qui ont la vie dure!

Charlotte Lazimi

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