Les Martiennes votent pour Michelle Obama

30 Oct
Michelle Obama crédits: Barack Obama Flickr: cc

crédits: Barack Obama Flickr: cc

Alors qu’ à J-7 des élections américaines, Barack Obama n’est toujours pas assuré de gagner , sa femme Michelle est présentée comme son meilleur atout. Il est vrai qu’elle fait une parfaite Première dame, à l’heure où la fonction suprême est essentiellement masculine et où les femmes doivent se contenter du rôle d’épouse. Mais dans un monde de martiennes, nous la verrions aisément Présidente des Etats-Unis à la place de son mari. Car là où Barack assure, Michelle assure encore plus. Si pour l’instant, elle joue le jeu de la +1, on espère que son heure viendra, car incontestablement Michelle Obama a les épaules pour être la big boss. Démonstration.

Elle est plus brillante que Barack 

Diplômée de la prestigieuse université de Princeton et de l’université de droit à Harvard (comme son mari),  Michelle Robinson a rencontré Barack Obama en stage dans un prestigieux cabinet d’avocat. A l’époque, ils sont les deux seuls Afro-Américains du cabinet. Et bien que plus jeune que lui -il est de trois ans son aîné-, Michelle n’en est pas moins sa supérieure hiérarchique. Elle est chargée de s’occuper de ce nouveau stagiaire…

L’american dream, c’est elle

Bien sûr, Barack Obama a gagné ses galons d’icône en devenant le premier Président noir des Etats-Unis en 2008. Mais, et ses détracteurs n’ont de cesse de le rappeler, il n’a pas le parcours typique des Afro-Américains, étant né de mère blanche et de père kenyan, et ayant grandi à Hawaï. Michelle, elle, incarne l’american dream, le vrai. Elevée dans le quartier pauvre de South Side à Chicago, elle est descendante d’esclaves, comme la majorité des Noirs américains. Mais sa détermination et ses diplômes lui ont permis de réussir, incarnant à merveille le mythe de la self made woman, si cher à ses compatriotes. Un argument de poids pour s’assurer le vote de tous les immigrés.

Elle est la plus populaire du couple

Michelle Obama n’avait pas vraiment réussi la campagne de 2008. Critiquée à l’époque pour ses déclarations sur Barack (« Il a mauvaise haleine le matin », ou  » il laisse traîner ses chaussettes »), on la jugeait peu apte à prendre le rôle  de Première dame. L’avocate  est parvenue en cinq ans à complètement bouleverser la donne.  Pendant ce mandat, elle a évité tous les sujets qui fâchent, préférant se consacrer à deux grands chantiers: la lutte contre l’obésité et son combat en faveur de l’emploi des anciens combattants. Et ça marche! Car elle bénéficie maintenant d’une cote de popularité de 13 points supérieure à son mari et surclasse aussi en popularité l’épouse du candidat républicain Mitt Romney, Ann, selon un sondage Washington Post-ABC, publié le 10 octobre dernier. Aujourd’hui, c’est elle qui vole au secours de son président de mari. Elle est sa meilleure avocate, en témoigne son intervention de poids à la dernière convention démocrate.

Elle ne veut pas le pouvoir, elle l’a toujours dit…

Elle le répète à qui veut l’entendre : la politique et le pouvoir ne la passionnent pas.  Pourtant, elle a été l’assistante du maire Démocrate de Chicago en 1989 Richard M. Daley, avant de  travailler pour le plan d’aménagement de la ville. Interrogée à la télévision en mai dernier, Michelle Obama répondait : « Je ne suis pas intéressée par l’activité politique. Je ne l’ai jamais été et ne le serai jamais. » Qui mieux pour gouverner que quelqu’un de désintéressé, habitué à travailler dans l’ombre ? En effet, Michelle Obama n’a pas limité sa présence aux côtés de Barack dans les meetings et elle  a participé à près de 80 réunions de collectes de fonds ces derniers mois.  Son influence est indéniable et elle est notamment considérée comme l’instigatrice de plusieurs prises de position de son époux comme sur l’immigration, le mariage homosexuel, et les réformes sur l’assurance santé.

… mais elle a l’âme d’une militante

Elle a beau dire à longueur d’interviews qu’elle ne veut pas faire de politique, plusieurs de ses sorties ont révélé une personnalité engagée. A commencer par sa fameuse phrase « Pour la première fois dans ma vie d’adulte, je suis réellement fière de mon pays », prononcée lors de la campagne de 2008 et faisant directement référence au racisme américain. Un commentaire qui lui avait valu d’être taxée d’anti-patriotisme par ses opposants, l’obligeant à se justifier dans les médias. Cette année,  une nouvelle biographie publiée par Jodi Kantor, une journaliste du New York Times, a créé la polémique, qualifiant la First lady de « femme noire en colère ». Il est vrai que Michelle Obama n’a jamais caché son regard critique sur le racisme aux Etats-Unis. A Princeton déjà, sa thèse de sociologie portait sur la division raciale du campus. Newsweek ne s’y est pas trompé, puisqu’ en 2011, la revue a publié un portrait intitulé Michelle Obama, une rebelle à la Maison Blanche

Elle a tout compris au rôle de Première dame

Aux Etats-Unis, la fonction est très différente de chez nous et Carla Bruni-Sarkozy n’a d’ailleurs pas manqué de le rappeler dans sa récente interview au magazine ELLE: là-bas, on élit un couple. Depuis le premier jour, Michelle Obama s’est donc employée à rentrer dans le moule de l’épouse et de la mère, sans négliger le côté glamour de la fonction. Elle a beau avoir fait la couverture de Vogue, elle continue de s’habiller chez JCrew et tweete des messages d’amour à Barack pour leurs vingt ans de mariage. Une stratégie gagnante pour conserver la sympathie des Américains.  Mais si pour l’instant, elle accepte de rester sur le côté de la photo, qui sait de quoi elle sera capable une fois que Barack Obama aura quitté la présidence? Avant elle, une certaine Hillary Clinton a déjà prouvé qu’il y avait une vie après la First lady

Charlotte Lazimi et Myriam Levain

Advertisements

5 Réponses to “Les Martiennes votent pour Michelle Obama”

  1. Myriam Kalfon octobre 30, 2012 à 2:05 #

    D’habitude je suis très fan de ce que vous écrivez, mais là permettez-moi d’exprimer mon désaccord : je trouve le papier facile.
    Bien sur que Michelle Obama est plus populaire que son mari, elle n’est pas présidente et n’a pas à trancher des décisions impopulaires ! Vous le dites vous-mêmes, elle a choisi des sujets qui ne fâchent pas, après s’être fait rembarrée sur ses premiers commentaires. Si elle avait continué, gageons qu’elle se serait mis la majorité de l’électorat blanc à dos et qu’on l’aurait accusé d’avoir une mauvaise influence sur son mari, comme à chaque fois quand une Première Dame déplait.
    Oui, elle a l’intelligence de savoir comment tenir son rôle à la perfection, oui elle est classe, éloquente et par-dessus tout très sympathique. Mais son charisme et sa bonne communication n’en font pas pour autant une candidate désignée ! Puisqu’elle dit que cela ne l’intéresse pas… Hillary Clinton n’a jamais caché ses ambitions politiques, ce me semble, le couple disait souvent qu’en élisant Bill à la Maison Blanche les Américains avaient reçu deux dirigeants pour le prix d’un…
    Pourquoi alors ne pas tout simplement louer Michelle pour le super job qu’elle fait et oui, pour le soutien qu’elle apporte à son mari ? Depuis quand être une bonne partenaire est devenu une insulte ?
    J’ai souvent tendance à penser que le féminisme, nécessaire, vital, se trompe tout de même parfois de cible. Parce qu’une femme a le droit et les capacités désormais d’arriver très loin dans sa carrière, toutes celles qui choisissent d’être collaboratrice, de soutenir, d’aider ou simplement de mener une carrière plus modeste en termes de reconnaissance et de salaires sont dans l’erreur ? Et si Michelle appréciait son rôle de soutien et conseillère indispensable, tout en se disant intérieurement  » Thank God, je ne suis pas en première ligne ! »?
    Je pense que la question de leadership n’est pas seulement une question sexuée. Être leader a des conséquences extrêmement lourdes pour qui en fait le choix. C’est donc une décision que l’on peut prendre, en tout conscience, ou non. Et d’ailleurs, il existe bien d’autres formes de leadership que le pouvoir décisionnel en entreprise ou dans la fonction publique !
    Bien sûr, les femmes, même bien après l’acquisition de l’égalité de droits, se heurtent souvent à un plafond de verre ou même à une résistance intérieure, tant la domination a été intériorisée par des siècles de culture. Mais aujourd’hui, il me semble qu’on tombe dans l’excès inverse qui est de dire que toutes celles -et tous ceux- qui ne revendiquent pas le succès, ou une carrière personnelle et individuelle sont dans le ratage ou le fourvoiement. Et, en quelque sorte, on pousse tout le monde à l’individualisme. Ainsi, on se retrouve avec Valérie Trieweiler qui dit qu’elle est OBLIGEE de travailler pour conserver son indépendance financière, ou encore la femme de Manuelles Valls (j’ai oublié son nom) qui se glorifie dans la presse de n’avoir jamais demandé un centime à son mari. Comme si le partenariat et l’assistance mutuelle inclus dans la vie commune (et/ou le mariage) étaient eux aussi devenu une insulte, un acte rétrograde….
    Par définition le leader se distingue au milieu d’un groupe. Certains diront que c’est une fonction, d’autre une faculté innée. Ce qui est sûr, c’est qu’il en faut seulement un ou quelques uns par groupe. Et que le leader a besoin d’auxiliaires ! Il y aurait ni « grand homme » ni « grande femme » s’il n’y avait ni parents, ni professeurs, ni conseillers, ni employés, ni amis, ni amants pour les accompagner et les soutenir dans leur tâche. Et au final, ce qui est important pour la société en tant qu’ensemble, c’est le résultat des actions de tel leader ou tel groupe de personnes.
    Osons le féminisme, oui, mais osons surtout le collectif et la liberté de chacun de mener ses choix comme il l’entend. Le féminisme n’est pas l’individualisme à tout prix.

    • Les Martiennes octobre 31, 2012 à 1:37 #

      Bien loin de nous l’idée de juger Michelle Obama, qui est sûrement très heureuse à sa place actuelle. Et ce n’est pas parce que nous nous amusons à l’imaginer présidente que nous considérons qu’elle est en situation d’échec. Ce post est juste une façon de rappeler que la question de Michelle présidente et Barack first man ne se pose pas, aussi brillante et charismatique soit-elle. Nous n’en sommes pas encore là. Nous ne voulons juger personne, mais être féministe c’est envisager les mêmes possibilités pour les femmes que pour les hommes: alors pourquoi pas, l’espace d’un billet, imaginer Michelle à la fonction suprême?

  2. gentlemanw novembre 3, 2012 à 4:00 #

    Le fameux blog bien crit et si dlicieux pour boire du th en lisant des bons articles.

    Bises

  3. Euterpe novembre 13, 2012 à 11:58 #

    J’aime beaucoup cet article.

  4. lyly décembre 12, 2012 à 12:38 #

    Moui Michelle Obama est surtout terriblement traditionnelle dans son rôle. C’est anecdotique mais on ne la voit quasiment jamais en pantalon, on la croirait sortir tout droit de madmen. J’avais lu un article d’un journaliste américain qui disait qu’une des erreurs de communication de hillary Clinton, c’est d’être trop en pantalon, pas assez « bonne mère de famille 50’s »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :