Théâtre : le pari des femmes

4 Déc


Le paris des femmes
« De bruit et de fureur », c’est le titre de la seconde édition du Paris des femmes. Ce festival créé l’année dernière a une spécificité : il est écrit et mis en scène uniquement par… des femmes. Et croyez-le ou non, en 2012, c’est toujours une petite révolution.

Pourquoi ? Car contrairement aux idées reçues, les femmes affrontent dans le milieu artistique de nombreux obstacles. En quelques mots, le pouvoir leur échappe complètement. « Nous sommes parties d’un constat, se souvient Michèle Fitoussi, écrivain, journaliste et cofondatrice avec Anne Rotenberg et Véronique Olmi du festival Le Paris des femmes. Il y a très peu de textes écrits joués ou mis en scène par une femme dans les théâtre, d’après le rapport de Reine Prat. Mais qu’à cela ne tienne, l’idée de réaliser ce nouveau festival est née. »

Le rapport de Reine Prat en 2006 et 2009 (commandée par le ministère de la Culture) était assez éloquent pour ceux qui le découvrent aujourd’hui. Il révélait notamment qu’à l’exception de quelques figures emblématiques comme Ariane Mnouchkine (le théâtre du Soleil), Brigitte Jaque-Wajeman (qui a co-dirigé de 1991 à 1997  le Théâtre de la Commune d’Aubervilliers) Muriel Mayette (administratrice de la comédie française), ou encore Julie Brochen (qui dirige depuis 2008 le Théâtre National de Strasbourg), les établissements culturels sont presque exclusivement dirigés par des hommes. Idem à 92% pour les théâtres consacrés à la création dramatique, à 89% pour les institutions musicales, à 86% pour les établissements d’enseignement, à 78% pour les établissements à vocation pluridisciplinaire, à 71% pour les centres de ressources et  également à 59% pour les centres chorégraphiques nationaux. Ces chiffres nous donneraient presque le tournis, mais ce n’est pas fini. Les hommes gardent aussi le monopole de la création, notamment pour la composition (97%), la mise en scène (78%), la direction d’orchestre (94%), la chorégraphie (57%) et l’écriture (85%).

Du  machisme dans les milieux culturels ? Peut-être. Mais pour Michèle Fitoussi, « ce sont surtout des habitudes, des réflexes de ne s’intéresser qu’à des oeuvres écrites et réalisées par les hommes. L’idée ici, c’est simplement de regarder ce qu’écrivent les femmes. » Pas question pour autant de tomber dans une victimisation. Le parti pris du Paris des femmes, c’est bien sûr l’action, en choisissant de présenter les oeuvres d’artistes (plus que) confirmées comme les auteures Eve Ensler, Valérie Zenatti, Véronique Ovaldé ou encore les metteuses en scène Isabelle Nanty, Murielle Magellan et Anne Rotenberg sans oublier de jeunes premières. Place aux femmes donc, mais aussi place aux jeunes, pour « faire émerger de nouveaux talents« .

Si pour sa première édition, le thème était Guerre et Paix, cette fois-ci, il s’agit du bruit et de la fureur. Un thème libre pour parler de la violence dans le monde… Pas de textes spécifiquement féministes, mais un festival accompli. Alors faites comme nous, pariez sur les femmes!

Charlotte Lazimi

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