TV: Flop 10 des séries les moins martiennes

26 Nov
D.R.

D.R.

Il y a 10 jours, nous avons établi un top 10 de nos séries TV féministes préférées.  L’objectif : mettre en valeur des personnages féministes, qui incarnent des femmes libres, indépendantes et puissantes, au lieu des seconds rôles habituels, souvent tristes et insipides. Cette fois, nous prenons ce post à contre-pied pour nous intéresser aux personnages ou aux séries les moins martiennes du moment. Rassurez-vous, le principe n’est pas de stigmatiser ces séries que nous regardons, souvent avec assiduité. Il s’agit plutôt de s’interroger sur les représentations caricaturales et sexistes.

Trophy Wife

Trophy Wife D.R.

Trophy Wife D.R.

La série cartonne aux US. Et pour cause. Elle met en scène des acteurs plutôt connus, Bradley Whitford, l’inoubliable Josh Lyman dans la série culte d’Aaron Sorkin, A la maison Blanche, Marcia Gay Harden, actrice renommée, vue entre autres dans Mystic River, et actuellement dans la saison 2 de Newsroom (autre création de Sorkin), et bien sûr Malin Akerman, superhéroïne  dans Watchmen, mais second rôle dans des comédies romantiques ratées comme 27 robes et The proposal. Le problème ? D’abord le titre. Rappelons-le, une « trophy wife »- en français femme-trophée- est une épouse qu’on exhibe lorsqu’on est vieux et riche. Ensuite, son personnage de trentenaire insouciante, qui se retrouve mariée à un magistrat père de trois enfants, de 20 ans son aîné est peu crédible. Mais surtout, Kate, le personnage est infantile et pas très futée. Difficile de s’identifier. Elle rêve en effet de s’intégrer, sans grand succès, dans cette famille recomposée. Les autres rôles féminins, à savoir les deux premières épouses, sont aussi très caricaturales: d’un côté, la chirurgienne brillante, mais contrôle freak et complètement psychorigide, de l’autre la baba cool neuneu. Non seulement, on a du mal à y croire, mais on a vu plus féministe.

Connasse

Connasse, capture d'écran épisode du taxi

Connasse, capture d’écran épisode du taxi

C’est la nouvelle pastille de Canal +, qui a de quoi irriter. Dans le Before du grand journal, Camille Cottin se met en scène dans une caméra cachée, où elle joue une « connasse ». En cause ? Bien sûr son titre provocateur, et sa peinture acide de  « la parisienne branchée ». Cette série est pourtant écrite par des femmes. Ce qu’on lui reproche, c’est surtout cette vision décomplexée et insultante de celle qu’on croiserait régulièrement. Cette caricature ne touche-t-elle pas finalement toutes les femmes, dès l’instant où elles sont irrévérencieuses, impolies, ou insolentes ?

Dads

Dads, capture d'écran

Dads, capture d’écran

La série de Seth Green  diffusée sur la Fox, a fait polémique Outre-Atlantique, avant même la diffusion du premier épisode. En cause selon les critiques ? Des blagues racistes, et une comédie, pas drôle, avec des sketchs qui tombent à plat.  Dans la ligne de mire aussi : sa misogynie. Dans le premier épisode, les héros demandent à leur assistante de se déguiser (parce qu’elle est asiatique et qu’ils reçoivent des clients chinois), en héroïne de manga très sexy. Le personnage, qui se sent d’abord insultée, refuse, puis accepte. Pour un résultat comique plus que mitigé.

WorkinGirls

WorkinGirls Canal+

WorkinGirls Canal+

C’était en 2011, la série phare de Canal+, une création originale, renouvelée pour une deuxième saison, avec des actrices montantes, d’Audrey Lamy en passant par Blanche Gardin et Alice Belaïdi. On aurait pu se réjouir d’une série pour les femmes, jouées par des femmes et écrites par des femmes. Pourtant, si elle rencontre un succès d’audience, les critiques ont attaqué ses personnages caricaturaux, de la boss insupportable, à la DRH nympho, sans oublier la dépressive. A quel moment dénonce-t-on des stéréotypes et à quel instant les renforce-t-on ? C’est toute la question autour de cette série, qui n’hésite pas à faire sa pub avec le slogan « si elles pouvaient rester à la maison ».  A vous de juger.

The Client List

The client list D.R.

The client list D.R.

C’était la série de Jennifer Love Hewitt, actrice de télé connue pour son rôle de Sarah dans La vie à Cinq, puis dans Ghost Whisperer. Dans son show, tiré d’un téléfilm (annulé au bout de trois saisons), elle interprète une jeune mère de deux enfants, endettée, et abandonnée par son époux. Pour survivre et pour ses enfants, elle se retrouve à faire des massages un peu particuliers, mais très rémunérateurs dans un salon. Dans cette série, on a tous les clichés « positifs de la prostitution » : la mère maquerelle au grand cœur, les masseuses  là pour écouter les clients, gentils, intelligents, et cerise sur le gâteau, incroyablement beaux. On a vu plus réaliste. C’est bien sûr une vision très édulcorée, voire idyllique de la prostitution qui nous gêne. On retrouve le même problème dans la série anglais, The secret diary of a call girl, avec Billy Piper. Bien sûr, on n’y parle ni violences, ni réseaux, ni santé des prostituées, seulement de clients sympathiques et de mission de « service public ».

6 Pretty Little Liars

Pretty little liars D.R.

Pretty little liars D.R.

La série de CW remporte un franc succès aux Etats-Unis et en France. Le pitch : quatre très jolies lycéennes sont la cible d’un (ou d’une mystérieuse) A, qui les harcèle et les menace, peu après le meurtre de leur amie, la détestable Alison. Suspense, mensonges, manipulations sont au rendez-vous de ce show pour ados. L’ennui ? Les intrigues sont molles, tirées par les cheveux, et les personnages sont assez fades. Aucune n’a vraiment de personnalité. On passera sur le fait qu’à 16 ans, elles en paraissent 30 et  sont habillées à la dernière mode. On retiendra cependant un point positif, pour cette série gay-friendly, où on y parle d’homosexualité féminine avec intelligence à travers le personnage d’Emily.

Un gars, une fille et dérivés

Un gars, une fille D.R.

Un gars, une fille D.R.

C’était la série culte des années 90, celle qui a révélé Chouchou et Loulou, alias Jean Dujardin et Alexandra Lamy. Pour cette série comique, on n’a pas peur des préjugés pour faire rire. Alex est un poil hystérique, jalouse et fatigante. Jean est macho, de mauvaise foi et ne veut pas s’engager. Bref, ces deux personnages sont des stéréotypes ambulants. C’est parfois drôle. Ou pas. La série a inspiré nombre de scénaristes sur M6 et TF1 aujourd’hui. On retrouve les mêmes caricatures dans Nos Voisins ou Scènes de ménages.

Cougar town

Cougar town D.R.

Cougar town D.R.

Le pilote de la série de Courteney Cox, Cougar town , n’a aujourd’hui rien à voir celle qu’elle est devenue. Lorsque le show est lancé, Jules, l’héroïne est désespérée.  Cette quarantenaire, célibataire, a envie de relancer sa vie sentimentale, au point mort depuis son divorce. Elle rêve de trouver quelqu’un, pourquoi pas  un jeune. Voilà pourquoi ce titre accrocheur est choisi. Quoi de mieux que Cougar town pour  évoquer les aventures d’une belle  couguar ? L’intitulé « couguar » est en soi sexiste. Pourquoi désigner ainsi une catégorie de femmes dès l’instant où son amant/compagnon/mari est plus jeune ? Dans une chronique sur Le Monde.fr , Catherine Dzierwuks  s’interroge sur ce terme. Est-ce une évolution pour les femmes ou un sexisme déguisé ?  Les producteurs ont souhaité changer le titre, pas parce qu’une potentielle accusation de sexisme les inquiétait, mais bien parce que la série n’a aujourd’hui plus rien à voir.

Samantha Oups et consort, la Minute Blonde

Samantha oups D.R.

Samantha oups D.R.

Samantha Oups, diffusée sur France 2, mettait en scène une idiote sympathique, et plutôt drôle avec sa copine Chantal. Les deux personnages flirtaient avec l’absurde. Pourquoi ça nous gêne ? Parce que  bizarrement à la télé, les idiots sont souvent d’abord des idiotes, blondes si possible, comme si la bêtise, même amusante, ne pouvait être incarnée que par des femmes. C’est dommage. Même  remarque pour La Minute Blonde de la talentueuse Frédéric Bel, qui passait sur Canal+ ou dans Le Petit Journal, la pastille de Catherine et Liliane.

The Secret Life of the American Teenager

The Secret Life of the American Teenager D.R.

The Secret Life of the American Teenager D.R.

C’était la série conservatrice de Brenda Hampton, accessoirement créatrice aussi de 7 à la maison. Diffusée sur ABC family, le show met en scène la famille Juergens, et leur fille Amy, 15 ans et enceinte. Phénomène qui fascine aux Etats-Unis, la série s’attaquait aux grossesses d’adolescentes. Si la série est gay-friendly-c’est la seule bonne nouvelle- elle n’en est pas moins anti-IVG. A deux reprises, deux héroïnes font face à des grossesses non désirées. Si l’avortement est une option, elle est à chaque fois repoussée, notamment grâce au personnage « très chrétien » de Grace (qui finira tout de même par évoluer sur le sexe avant le mariage). Dans un pays où l’IVG est menacée dans certains Etats, ce parti pris était loin d’être une avancée pour le droits des femmes. Heureusement, depuis, une nouvelle série a vu le jour sur la même chaîne. Il s’agit de The Fosters, soit les aventures d’un couple d’une directrice de lycée, d’une policière, et de leurs enfants adoptifs. C’est intelligent et pertinent. Enfin une série qui se défait des clichés avec habileté.

Charlotte Lazimi

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