Parité respectée ! Et après ?

3 Avr
cc crédits Benjamin Géminel

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Le nouveau gouvernement a sauvé la parité et gardé un ministère des Droits des femmes, un peu noyé dans d’autres compétences. Si cette décision peut paraître anodine pour certains, elle n’en est pas moins capitale.

Pour ne pas respecter la parité, les chefs de parti ont de multiples arguments. Prêts à payer des millions d’euros d’amendes, leurs explications se suivent et se ressemblent : soit il n’y a pas assez de femmes qui souhaitent s’engager en politique, soit ces dernières ne sont pas assez compétentes. En choisissant huit femmes et huit hommes dans un gouvernement resserré, Manuel Valls a montré que la parité était possible. Enfin la « presque » parité, car, comme lors du départ de Delphine Batho, Premier ministre compris, on retrouve un homme de plus. Cette équipe a tout de même une valeur symbolique non négligeable car le gouvernement avait les meilleures excuses pour ne pas s’y conformer. Non seulement le président est impopulaire, mais on savait que dans l’entourage de Manuel Valls, on trouvait peu de femmes pour son « gouvernement de combat ». Première nouvelle: François Hollande a respecté sa promesse de campagne. Autre bonne surprise, le directeur de cabinet du nouveau Premier ministre est aussi une femme. Il s’agit de Véronique Bédague-Hamilius, énarque passée par le cabinet de Laurent Fabius à Bercy et qui dirigeait l’administration de l’Hotel de Ville de Bertrand Delanoë.

 

Un bémol ? Si le ministère des Droits des femmes est maintenu, il est noyé dans d’autres compétences comme la ville, le sport, et la jeunesse. Il y a un an, pour son premier anniversaire, on s’interrogeait sur le bilan de ce « ministère amer », et on craignait à juste titre qu’il passe à la trappe. D’abord parce que Najat Vallaud-Belkcem, ministre la plus populaire du gouvernement, avait d’autres ambitions, mais aussi car pour certains, ce ministère était plutôt inutile et sans pouvoir en raison de son budget de 24,3 millions d’euros en 2014. Force est de remarquer que cette dernière est toujours une des personnalités préférées des Français. Un tour de force, car elle assume  avec vigueur son « féminisme ». Et n’hésite pas à  prendre position sur des sujets passionnels et non consensuels comme la prostitution. C’est peut-être l’une des réussites de Najat Vallaud-Belkacem: avoir réussi à imposer ces thèmes sur la scène médiatique sans crisper l’opinion.

Mais quel avenir pour ce ministère des Droits des femmes ? Il ne sera plus une priorité pour la ministre. Quel temps et quelle énergie pourra-t-elle y consacrer ? Probablement peu. C’est regrettable. Si la nomination des ministres femmes en 2012 avait émoustillé certains sexistes, ciblant notamment Fleur Pellerin et Cécile Duflot, ce nouveau gouvernement n’a pas non plus échappé aux remarques graveleuses. Cette fois, c’est le député du Var, Phillipe Vitel, qui a déclaré sur Twitter : « Et Valérie elle n’a pas le droit à un ministère comme Ségolène ? Au nom de la justice du plumart ». Critiqué pour cette sortie, il a souligné le manque d’humour de la gauche. C’est amusant car de notre côté, nous déplorons son cruel manque d’intelligence.

Charlotte Lazimi

2 Réponses to “Parité respectée ! Et après ?”

  1. sabine sauret avril 3, 2014 à 3:39 #

    tout à fait en accord avec vos propos.

  2. BERTHELEMY avril 4, 2014 à 2:01 #

    C’est une approche intéressante suite à la nomination du nouveau gouvernement.
    A suivre donc…

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