Pourquoi les actrices françaises ne sont-elles pas féministes ?

27 Mai
© Olivier Borde / Bestimage

© Olivier Borde / Bestimage

Pendant le festival de Cannes, ça a été un vrai florilège. Certaines actrices françaises ont mis les choses au point : elles ne sont pas féministes. La preuve ? Elles adorent les hommes, le cinéma et la testostérone. Ça tombe bien, chez les Martiennes aussi. Petite sélection, avec décryptage en prime, de leurs dernières déclarations sur les femmes, le féminisme et le sexisme.

1  «Je suis impatiente de voir le masculin se réveiller et accepter le féminin »

Juliette_Binoche_2012

Juliette Binoche dans TGV Magazine a répondu à la question « Êtes-vous féministe ? ». « Non, expliquait-elle. Mais je suis impatiente de voir le masculin se réveiller et accepter le féminin. C’est effroyable de voir comment aujourd’hui certains hommes ont peur du féminin en le bêtifiant, en le voilant, en le mettant sur des talons, en l’enfermant, en réduisant le féminin à la femme-enfant, la femme-objet… Dans les années 70, le mouvement féministe a été nécessaire. En 1960,  encore une femme en France devait demander la permission à son mari pour signer un chèque ! Tant que le féminin sera mis de côté, l’humanité restera à un stade adolescent, en crise identitaire.

Ce que ça nous inspire : Même si elle n’assume pas son féminisme, Juliette Binoche défend les femmes et leur indépendance. Le problème ? A force de parler de « féminin » et de « masculin », on a du mal à suivre son argumentation. Elle n’est pas « féministe », mais reconnaît son utilité dans les années 70, avec les lois sur l’accès à la contraception et à l’IVG, au droit de disposer d’un compte en banque,  ou encore de travailler sans l’autorisation de son époux. Quid aujourd’hui ?

2  « Dans le cinéma, la lutte pour l’égalité hommes-femmes est un combat d’arrière-garde »

Isabelle_Huppert_2010_a

Isabelle Huppert était l’invitée la semaine dernière, avec la productrice Sylvie Pialat, du talk « Women in motion », organisé par le groupe de luxe Kering pendant le festival de Cannes. Du compte-rendu de Télérama au Journal des femmes , on relève une certaine confusion sur une heure d’entretien. D’abord, les deux femmes entament avec ironie le débat comme si le sexisme et la misogynie n’existaient pas, déclarant : « La misogynie, quelle misogynie ? », ou encore « Dans le cinéma, la lutte pour l’égalité hommes-femmes est un combat d’arrière-garde », sans oublier « Le rééquilibre entre les sexes se fait et se fera naturellement, à bas les quotas !». Puis au fil de la discussion, elles reconnaissent, l’une après l’autre, des discriminations. Pour Isabelle Huppert, la caméra s’attarderait plus longtemps sur les acteurs que sur les actrices. Pour Sylvie Pialat, cette dernière arrêterait plus tôt les négociations qu’un homme pour ne pas passer « pour une hystérique ». Bref, les deux reconnaissent tant bien que mal des différences de traitement entre hommes et femmes dans la grande famille du cinéma français.

Ce que ça nous inspire : Une certaine hypocrisie s’exprime. Les deux femmes font semblant de ne pas voir les inégalités, car elles n’en souffriraient pas. Certes, lorsqu’on est une actrice internationalement reconnue, le sexisme est peut-être une expérience plus rare. En revanche, il est difficile de croire que si Salma Hayek le vit, Isabelle Huppert y échappe. Leurs postulats sont d’ailleurs eux-mêmes sexistes. Car Isabelle Huppert et Sylvie Pialat commencent par disqualifier des faits, comme les différences salariales entre acteurs et actrices qui vont parfois du simple au double. Elles réfutent aussi l’idée qu’une actrice qui vieillit a moins de perspectives de carrière. Le dernier exemple en date qui les contredit? Maggie Gyllenhaal, 37 ans, jugée trop « veille » pour jouer l’amoureuse d’un homme de 55 ans….

3 « Je pense qu’il y a une force physique que les hommes ont, que les femmes n’ont pas. C’est très important »

Sandrine_Bonnaire_Deauville_2012Le dimanche 24 mai, Sandrine Bonnaire déclarait sur France Inter dans l’émission Les femmes, toute une histoire de Stéphanie Duncan: « Quand je dis que je ne suis pas féministe, je trouve qu’on ghettoïse. Plus on parlera de ça, j’ai l’impression, plus ça mettra de la distance. (..) Je pense qu’une femme peut faire beaucoup de choses au niveau de l’intellect,  au niveau du domaine de l’art, à plein de niveaux. Après, je pense que les femmes ne peuvent pas faire certaines choses. Comme les hommes ne peuvent pas non plus faire certaines choses. Et c’est cette petite différence. Et c’est peut-être pour ça qu’on tombe amoureux… Je pense qu’il y a des différences qu’il faut préserver. Là, je n’ai pas d’exemple précis… je pense qu’il y a une force physique que les hommes ont, que les femmes n’ont pas. Rien que ça, ça compte, c’est très important. Ça compte sur des tas de choses, dans des tas de domaines. On entend très peu des femmes qui violent des hommes. Ça existe mais moins, je pense que c’est plus compliqué pour une femme de violer un homme. C’est à prendre en compte. La force masculine, elle est là. Je pense qu’on ne doit pas être égaux dans le sens identique, mais égaux dans le droit. »

Ce que ça nous inspire :  D’abord, Sandrine Bonnaire pense qu’on parle trop du sujet et qu’on enferme les femmes en dénonçant les inégalités. Il faudrait donc ignorer les inégalités pour mieux les résoudre ? On en doute. Puis, elle insiste sur une différence fondamentale, selon elle, entre les hommes et les femmes que serait la force physique. Les hommes violeraient beaucoup plus que les femmes. Et alors ? Quant à la force physique, qu’apporte-t-elle au débat de l’égalité des droits en termes de salaires égaux à compétences égales, d’accession aux postes à responsabilités, de partage du pouvoir, de discriminations, de sexisme ? Notre société démocratique n’est pas fondée sur la loi du plus fort que l’on soit homme ou femme.

4 « Je n’aime pas les extrêmes donc pas plus les féministes que les misogynes »

© Luc Roux 2014 Fidélité Films – Wild Bunch – M6 Films

© Luc Roux 2014 Fidélité Films – Wild Bunch – M6 Films

En juin 2014, pendant la promo du premier film d’Audrey Dana Sous les jupes des filles, qui regroupait une douzaine d’actrices de haut calibre, celles-ci avaient assuré que le film n’était pas du tout féministe mais plutôt « un très beau film de femmes sur les femmes, absolument pas féministe » pour Vanessa Paradis, « un mode d’emploi pour les hommes, mais Audrey Dana l’a très bien dit, ce n’est pas du tout un film féministe », selon Audrey Fleurot. Car le combat féministe serait dépassé. « J’ai rencontré Audrey Dana il y a quelques années (…) Elle m’a parlé très tôt de son projet de film autour des femmes. J’avoue que ça me faisait un peu peur, je ne me sens pas vraiment l’âme d’une chienne de garde…», a notamment déclaré à l’époque Géraldine Nakache. Mais ce n’est pas la seule à le penser, l’actrice et réalisatrice Maïwenn avait aussi créé la polémique dans le magazine Glamour en 2013. A la question «  Le féminisme ça vous parle? », elle répondait: « Non, ça a même plutôt tendance à m’irriter. Je n’aime pas les extrêmes donc pas plus les féministes que les misogynes. Mais je suis vraiment concernée par la condition féminine. Si je sens des femmes atteintes dans leur dignité,  je m’énerve ».

Ce que ça nous inspire : Le féminisme serait dépassé et l’égalité acquise, c’est toujours la même rengaine. Les actrices reprennent à leur compte les vieux clichés misogynes qui décrivent les féministes comme de femmes hystériques, agressives et délirantes. C’est dommage. Car les combats à mener sont toujours nombreux. On a l’impression que certaines actrices sont déconnectées des discriminations que vivent les femmes au quotidien, que ce soit dans le monde du travail, mais aussi à travers les publicités ou dans les films.

Jane_Fonda_Cannes_2014Salma_Hayek_2,_2012

 

Bilan : Alors qu’ailleurs, des voix s’ élèvent pour dénoncer les inégalités , comme celles de Salma Hayek, de Jane Fonda, de Melissa McCarty, de Maggie Gyllenhaal ou encore d’Isabella Rossellini, en France, au contraire, le sexisme n’existerait pas pour certaines actrices… On s’est beaucoup demandé ces dernières semaines pourquoi Cannes semblait sexistepourquoi si peu de réalisatrices étaient sélectionnées. La réponse aujourd’hui nous semble évidente. Ce sexisme est complètement intégré et intériorisé par les premières concernées : les actrices françaises. Comme ça, rien ne risque de changer avant très, très, très longtemps.

Charlotte Lazimi

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24 Réponses to “Pourquoi les actrices françaises ne sont-elles pas féministes ?”

  1. Lolo mai 27, 2015 à 5:34 #

    C’est affligeant ce manque de prise de conscience, surtout venant de « l’élite » culturelle, de l’impact des media et de la culture sur le sexisme ordinaire. Cet article me fait penser au livre de Mona Chollet « Beauté fatale » sur les effets particulièrement pernicieux des stéréotypes et inégalités institués notamment par le monde de l’audiovisuel et de la publicité. Ces actrices qui ont potentiellement les clefs d’une prise de pouvoir ne se rendent pas compte du mal qu’elles font en balayant cette inégalité sociale, le sexisme, sous le tapis, d’un coup de talon aiguille.

    • Lecoq mai 29, 2015 à 12:56 #

      Tout à fait d’accord avec ce post, étant en train de lire ce livre de Mona Chollet, car comédienne féministe (mon travail tourne principalement autour des droits des femmes) mon prochain spectacle parlera de toutes ces inégalités criantes y compris pour une comédienne passé la quarantaine !!! Quelle manque de lucidité ou de courage de la part de ces femmes en vue !

  2. MG mai 27, 2015 à 7:28 #

    Maïwenn a également déclaré cette année au magazine Première :

    « [Réalisateur] c’est un métier qui fait appel aux hormones masculines, donc il y a tout simplement plus d’hommes réalisateurs, c’est aussi bête que ça. »

    Je trouve cet argument humiliant, en plus d’être scientifiquement contestable.

    D’ailleurs j’éprouve un grand malaise à lire les propos de ces actrices qui affirment l’égalité hommes-femmes du cinéma d’un côté tout en évoquant des faits totalement contradictoires. C’est à la fois troublant et révélateur de la manière dont est perçu le féminisme.

    • sabine sauret mai 27, 2015 à 11:14 #

      c’est terrible ces propos de femmes gâtées qui ne connaissent pas la vie et méprisent en fait les autres femmes.

  3. Ladiablote mai 27, 2015 à 10:04 #

    Les actrices sont faites pour jouer et non pour s exprimer sur des sujets politiques, surtout celles ci…

  4. / mai 27, 2015 à 11:51 #

    Hello les Martiennes ! Je viens de recevoir votre dernier post, au sujet de ces actrices qui s’effarouchent à l’idée qu’on puisse leur coller une  »étiquette » de féministes, mais qui, dans les paragraphes suivants, déplorent que sur tel et tel sujet, les femmes en prennent encore plein la g….. Ce post fait mention de votre article  »historique » de 2012 >>> « LE FÉMINISME POUR LES NULS ». Je m’y suis donc reporté, et je l’ai relu (j’en avais même été, à l’époque, le premier  »commentateur » —‘Diogène2066′, c’est moi…) Je suis toujours, plus que jamais, en accord total avec chaque phrase de chaque paragraphe, notamment, sur le rôle que les hommes devraient avoir dans ce domaine. PAS UNE VIRGULE A Y CHANGER ! Or je viens de démarrer mon propre blog, intitulé réAKTIVZ, sur les luttes contre tous les obscurantismes et toutes les arriérations mentales (sexisme, machisme, homophobie, répressions contre les  »droits universels », contre la liberté d’expression etc..). Dans ce blog, j’ai bien évidemment installé un important secteur, sur L’ÉGALITE FEMMES-HOMMES (un combat que je mène, moi aussi, depuis des décennies). Je viens donc de rajouter à l’instant une ligne invitant les lectrices et les lecteurs de l’ ÉDITORIAL de ce secteur, à lire (ou relire) votre article historique, avec un lien direct vers le fameux post. .                        ( voir ici : https://reaktivz.wordpress.com/462-2/  ) Etant un farouche défenseur du Creative Commons en matière de copyright, vous êtes bien évidemment libres, si vous trouvez mes textes pas trop… « nuls »   (), d’en rebloguer tout ou partie dans vos colonnes, à titre de « contributions extérieures » —en mentionnant la source, bien entendu, voire, en posant un lien vers la page d’accueil de ce secteur  »Femmes-Hommes »… .                               ( https://reactivs.wordpress.com/1090-2/ )  Entre  »WORD-PRESSiennes » / « WORD-PRESSiens »… Dites moi ce que vous pensez de tout ça. Égalitairement votrePhilBone____________________________________________           This computer runs on    nuclear-free guaranteed                 electricity,  provided by Fr – Enercoop !                   Cet ordinateur fonctionne à l’électricité             garantie sans nucléaire, fournie par Enercoop!      __________________________________________

    From: Les Martiennes To: philbone@rocketmail.com Sent: Wednesday, May 27, 2015 5:03 PM Subject: [New post] Pourquoi les actrices françaises ne sont pas féministes ? #yiv1582916606 a:hover {color:red;}#yiv1582916606 a {text-decoration:none;color:#0088cc;}#yiv1582916606 a.yiv1582916606primaryactionlink:link, #yiv1582916606 a.yiv1582916606primaryactionlink:visited {background-color:#2585B2;color:#fff;}#yiv1582916606 a.yiv1582916606primaryactionlink:hover, #yiv1582916606 a.yiv1582916606primaryactionlink:active {background-color:#11729E;color:#fff;}#yiv1582916606 WordPress.com | Les Martiennes posted: « Pendant le festival de Cannes, ça a été un vrai florilège. Certaines actrices françaises ont mis les choses au point : elles ne sont pas féministes. La preuve ? Elles adorent les hommes, le cinéma et la testostérone. Ça tombe bien chez les Martiennes  » | |

  5. aurelia mai 28, 2015 à 9:04 #

    Elles ont le droit de ne pas être féministe, non ? Je ne comprends pas ce procès fait à toutes les femmes se disant non féministes. C’est un procès stérile… Parce qu’elles sont des femmes, seraient-elles dans l’obligation de l’être ? J’avais, il y a peu de temps, tendance à dire : « Je suis féministe ». Plus je lis ce type d’articles, plus j’ai envie de faire un pas de côté… Plus vous me dégoûtez de m’affirmer comme telle. Néanmoins, je continue d’affirmer haut et fort le fait que je « défende » les valeurs du féminisme.

    Le féminisme est à la mode et je crains que la plupart des artistes américaines (et même certaines françaises) s’en revendiquent pour faire parler d’elle. Le féminisme est à la mode et sincèrement vous en faites n’importe quoi !

    • Elise mai 28, 2015 à 10:24 #

      Le feminisme est d’abord un mot qui designe une volonte de ne pas accepter les inegalites entre les sexes. Comme le mot anti-racisme est une volonte de ne pas accepter les inegalies entres les races (ou groupes ethniques pour eviter toute polemique inutile). Certes, à l’interieur de chacune de ces volontes, les reflexions, actions, voire revendications peuvent differer et personne n’est tenu de partager les memes visions ni les memes modes d’action. En revanche oui, il est souhaitable que tout le monde (hommes et femmes) soit feministe comme il est souhaitable que tout le monde soit anti-raciste. C’est juste le point de basculement entre l’acceptation par principe des inegalites ou le rejet par principe de ces inegalites.

    • Finrielle mai 28, 2015 à 10:42 #

      Ah, le bon vieux procès en « mauvais féminisme »…
      Si c’est vous « dégoûter » que de dénoncer que les femmes qui ont le pouvoir de faire changer les choses au sein du cinéma français ne le font pas et se complaisent dans un système qui persiste à les sous-payer et à les déconsidérer, tant mieux pour vous.
      En attendant, on a toujours aussi peu de femmes réalisatrices reconnues et primées, tandis que le cinéma français continue de produire des horreurs comme « Nos Femmes » avec la bouche en cœur. Tout va bien dans le meilleur des mondes, non ?

      • aurelia mai 28, 2015 à 12:22 #

        Si vous avez envie d’évoquer « ce bon vieux procès en mauvais féminisme » et bien oui je pense que celui qui consiste à montrer du doigt et à faire le procès de celles qui n’en sont pas est du « mauvais féminisme » ou s’en rapproche.
        Vous pensez sincèrement que le fait qu’Huppert ou Binoche s’auto-proclament féministes pourrait sincèrement faire changer les choses? Pas moi !
        Et je continue de penser qu’une large majorité de celles qui s’en réclament à coups de déclarations fracassantes ne le font que pour engendrer des likes (un bon plan marketing, au final)
        Ça doit être mon très « mauvais féminisme » qui me laisse penser ce genre de choses.

    • laurence mai 28, 2015 à 10:49 #

      C’est comme si vous disiez que puisqu’elles ne se sentent pas concernée par la peine de mort, elle ont le droit d’être pour. Vu de Belgique, pour une ex-française, l’image des rapports entre les sexe ainsi que l’image des femmes que donnent les chaines de télé française est machiste à souhait. Ca fait pays sous-developpé…

    • Finrielle mai 28, 2015 à 2:13 #

      Sans rire, vous avez déjà fait un tour sur facebook ? Dans les commentaires, on y trouve bien plus souvent des attaques sur le féminisme qu’un soutien unanime, à quelques exceptions près comme le discours d’Emma Watson à l’ONU. Emma Watson a-t-elle encore besoin de faire connaître sa personne ? Probablement pas, au vu de CV. Même chose avec Beyoncé.
      Et oui, si des personnalités se revendiquent comme féministes, ça peut faire avancer les choses mais ça reste « honteux » dans le cinéma français. Sinon, pourquoi tout le casting féminin de « Sous la jupe des filles » se serait-il empressé de nier tout propos féministe dans ce film ?

      • aurelia mai 28, 2015 à 9:31 #

        Parce qu’elles ne le sont pas, tout simplement !
        Une fille comme Virginie Efira, par exemple, très populaire au demeurant, n’a jamais honte de s’en revendiquer.
        Et, entre nous, elle le fait très bien.
        Ce qui m’énerve dans ce type d’article (qui pullule sur Internet), c’est l’injonction forcée des femmes au féminisme ! Pas que certaines femmes s’en revendiquent, au contraire.
        Dernier exemple en date, que personnellement j’ai trouvé d’une bêtise crasse, c’est l’accusation faite au créateur de Mad Men sur les destins de Joan et Peggy — pas assez féministe au goût de certains féminismes.
        Et je pourrai en citer d’autres.

  6. plume mai 28, 2015 à 11:20 #

    C’est assez affligeant mis bout à bout, on dirait une sorte d’omerta. « Je ne suis pas féministe, mais je suis contre l’inégalité », cherchez l’erreur. Aux Etats-Unis être féministe c’est être Wonder Woman, c’est se battre pour une cause, là on dirait qu’être féministe c’est un tabou.

  7. agnesb62 mai 28, 2015 à 11:22 #

    Ces propos de « privilégiées » sont assez atterrants… Le féminisme n’est pas un « gros » mot, repensons à tous les combats qui nous permettant aujourd’hui d’être plus libres que nos mères et nos grands-mères, souvenons-nous de toutes ces femmes qui, à travers le monde, sont encore opprimées et considérées comme inférieures… Je suis féministe, parce que je suis femme et que si j’aime les hommes, je me considère leur égale. Quant à la supposée force physique plus grande chez les hommes que chez les femmes, ça me fait bien rigoler… C’est déjà ça… 😉

  8. carolinehuens mai 29, 2015 à 10:00 #

    A reblogué ceci sur Caroline Huenset a ajouté:
     » On s’est beaucoup demandé ces dernières semaines pourquoi Cannes semblait sexiste, pourquoi si peu de réalisatrices étaient sélectionnées. La réponse aujourd’hui nous semble évidente. Ce sexisme est complètement intégré et intériorisé par les premières concernées : les actrices françaises. Comme ça, rien ne risque de changer avant très, très, très longtemps. » Cela ne m’étonne qu’à moitié. Car les acteurs et les actrices vivent essentiellement dans le regard des autres, ellis sont en totale dépendance du désir/amour/reconnaissance des réalisateurs (Il y a une si faible proportion de réalisatrices que je ne peux les prendre en compte ) et du public. Peu d’entre elleux sont politiséEs et ont le courage de leurs convictions.

  9. Crimson Luna mai 29, 2015 à 5:45 #

    Par rapport à la force physique… Enorme facepalm, et je trouve cela impossible que l’on véhicule de tels clichés: d’abord, le rapport au sport garçons/ vs filles et hommes vs femmes n’est culturellement pas le même: on dit aux hommes de faire du sport pour « gagner en force », aux femmes pour maigrir, ce n’est donc typiquement pas le même type d’entraînement. Pour ma part, je ne suis pas une grande sportive, mais je fais du sport d’avantage dans un but de « gain de force » que de « perte de poids »; je bat mon père au bras de fer alors qu’on a génétiquement une « base de force physique » égale. Que la force physique ne sois pas égale par rapport aux individus, d’accord, mais la femme faible vs l’homme fort, c’est un non sens absolu! La force tient beaucoup par rapport à la taille, et Arte à fait récemment un documentaire qui s’intitule « pourquoi les femmes sont-elles plus petites que les hommes », qui nous enjoint à voir les choses sous un angle nouveau. Le poids à aussi son importance, et l’idéal féminin= mince, pas trop imposant, doux… ect… Donc voilà…

  10. élucubrations juin 1, 2015 à 12:37 #

    Qu’en est-il d’une femme qui se revendique feministe, dénonce le manque de personnage féminin fort dans le cinéma et avance qu’un changement de cette situation n est possible que si elle est systématiquement dénoncée par le publique commme elle le fait et si les hommes du secteur prennent consciencent du problème et le redresse. Elle considère que ces deux revendication sont les seules Solutions. Dans le mem temps, si on lui suggère deux actions complementaires et, à priori plus efficace, elle les refuse et dit que c anti-féministe que de dévalorisé sont point de vue via une telle opposition. En l occurence les actions suggérées etant qu’il y a aussi et surtout plus besoin de femmes dans le domaine et en particulier de réalisatrices (argument ki permet de mieux tenir compte de ka réalité du processus de création et des contraintes societale, économique ainsi que de la pression de l industrie sur l aspect que devra avoir le produit final) et d n changement dans l education notamment à travers une industrie du jeux/jouet/conte pour enfant plus égalitaire (ne pas faire des jeux ciblé garcon et d autre ciblé fille).
    Est-ce une feministe? Sa manière de reagir n est-elle pas contreproductive? Les suggestions proposé indique-telle que l interlocuteur est feministe? Les propos de ce dernier sont-il comme le dit la dame anti-feministe?

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