L’IVG dans le collimateur des Le Pen: encore et toujours le mépris des femmes

30 Nov
Youtube (Capture d'écran)

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47 000, elles sont 47 000 femmes à mourir des suites d’un avortement clandestin, chaque année dans le monde. Ce nombre, Marion Maréchal-Le Pen ne le connaît surement pas. D’ailleurs, la candidate frontiste à la présidence de la région PACA n’en a que faire. Dans une conférence donnée pour La Manif pour Tous à Marseille, et remarquée par le site Les Nouvelles News le 13 novembre dernier, elle a annoncé qu’elle couperait dans sa région, si elle était élue, les subventions aux plannings familiaux. Marion Maréchal-Le Pen répète juste une argumentation sans fondement de l’extrême-droite, en dénonçant ce qu’elle appelle « la banalisation de l’avortement ». Car au Front National,  et chez les Pen, un élément prévaut: le contrôle des femmes.

Marion Maréchal-Le Pen estime que l’avortement serait devenu un mode de contraception comme les autres. Ce type de procédure deviendrait « banal ». Pis, il augmenterait, notamment dans sa région. Or, cette idée est fausse. Aujourd’hui, le nombre d’avortements en France, qu’on estime à 220 000, est stable chaque année. Le problème est plutôt inverse. Ces dernières années, 150 centres IVG ont fermé en France. L’accès n’est donc pas possible ou rendu compliqué sur l’ensemble du territoire. Si une femme souhaite recourir à un avortement, elle peut se heurter à un ou une médecin qui exercera son droit de retrait et ne la réorientera pas. Conséquence: elle perdra un temps précieux pour respecter le délai autorisé pour avorter. Chaque année, entre 2000 à 3 000 femmes sont contraintes de partir à l’étranger, car en France le cadre légal est dépassé.

«Je suis pour une responsabilisation des femmes et surtout, je suis pour sortir de l’idéologie », indique-t-elle. Mais les femmes ont-elles vraiment besoin que le Front National leur dise comment être responsable? Décider de ne pas avoir d’enfant, n’est-ce pas en soi une décision responsable? « L’idéologie » est du côté de ceux qui s’y opposent. Dans le cas de Marion Maréchal- Le Pen, la pomme ne tombe pas loin de l’arbre. Si Marine Le Pen a recadré sa nièce, elle parlait elle aussi, en 2012 pendant la campagne présidentielle, « d’avortement de confort ». Elle considérait que les femmes n’avortaient que pour des raisons économiques pour favoriser leur confort matériel plutôt que leur future progéniture. Elle sous-entendait donc que celles-ci étaient futiles, superficielles et vénales. Encore une fois, des clichés misogynes. 

Ceux qui s’opposent à l’avortement prétendent qu’ils veulent favoriser la vie. Les avortements selon eux, seraient « des meurtres ». Aux États-Unis, ils se surnomment même « pro-life », en français « pour la vie ». Mais ce qui cache derrière, c’est d’abord un contrôle des femmes. Il s’agit de décider pour elles où, quand, et comment, elles auront des enfants.

Le Père Hervé Benoît à Lyon, depuis relevé de ses fonctions, a expliqué, entre autres, dans un texte posté sur le site traditionaliste Riposte Laïque que les morts des attentats du 13 novembre étaient faibles en comparaison aux avortements. La rhétorique est toujours la même. Il compare la vie à la vie, ici la mort à la mort. « Le signe de la mort et du chaos ne flotte pas que sur les rues de Paris, un vendredi soir maudit. 130 morts, c’est affreux! Et 600 morts, c’est quoi? C’est le chiffre des avortements en France le même jour », écrit-il.

Même idée Outre-Atlantique. La fusillade qui s’est déroulée hier dans un planning familial aux États-Unis dans le Colorado parle d’elle-même. Comment ceux qui prétendent célébrer la vie pourraient-ils semer la mort ? Simplement parce que leur seule volonté est de maîtriser les femmes et leur sexualité. La preuve ? Robert Lewis, l’homme qui a tué trois personnes lors de ladite fusillade, ne cache pas sa volonté de combattre l’avortement légal. Il est d’abord connu de la justice pour violences conjugales à l’égard de son ex-compagne et de voyeurisme contre sa voisine. Des éléments éclairants sur le profil d’un individu qui n’a qu’une ambition:  posséder celles qu’il côtoie.
Quant au Front National, il est aussi dans cette démarche en décidant de détruire les plannings familiaux en leur coupant les vivres. Si ce parti est en 2015 incarné par des femmes, qu’on ne s’y trompe pas, c’est toujours la haine des femmes qui s’exprime à l’extrême droite.

Charlotte Lazimi

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  1. Le féminisme et le FN sont-ils compatibles ? - Linkeol, L'actualité des entreprises en France - décembre 7, 2015

    […] des régionales, les thématiques féministes du FN n’ont été que tardivement abordées, via les récentes sorties de Marion Maréchal-Le Pen. Quand on interroge les jeunes femmes encartées au FN sur l’interruption volontaire de grossesse […]

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