Valérie Pécresse, une masculiniste qui s’ignore?

1 Mar
crédits: Youtube(Capture d'écran)

crédits: Youtube (Capture d’écran)

Même si elle prétend le contraire, Valérie Pécresse n’est pas « viscéralement féministe ». Loin s’en faut. La présidente de la région Ile-de- France le prouve une nouvelle fois. Elle a en effet alloué 2000 euros de sa réserve parlementaire à l’association masculiniste SOS Papa,  a révélé lundi Alexandre Sulzer, journaliste à L’Express. Rappelons que les députés disposent de 130 000 euros de subventions,  dont ils décident librement de la répartition. Soutenir une association masculiniste pour Valérie Pécresse: Acte manqué ou fait exprès?


Le credo de l’association SOS Papa est simple : prendre la défense des pères soi-disant « privés de leurs droits ». Souvenez-vous, en février 2013, Serge Charnay s’était retranché sur une grue à Nantes pour dénoncer ce qu’il appelait « la justice sexiste » « qui assassine nos familles ». L’homme réclamait de voir son enfant. Il se présentait comme un père divorcé et opprimé. Or, il omettait de rappeler qu’il avait été condamné plusieurs fois pour soustraction d’enfant et faits de violences sur le grand-père de son enfant. Ce dernier ne voudrait plus le voir… Son ennemi: « les bonnes femmes ». Car les méthodes des masculinistes sont aussi féroces qu’efficaces. Ils se positionnent sur une cause légitime: les droits des pères. Mais leurs revendications sont d’abord contre les femmes et les féministes.

Ce ne sont pas des enfants de coeurs. Par exemple, des membres d’associations similaires à SOS Papa, comme celle de Père-Enfant-Mère ont été condamnés pour injures à magistrat ou violences conjugales, rappelle une chronique du Plus de l’Obs. Comme le montrait Patric Jean dans le documentaire La domination masculine, ce mouvement venu du Québec n’a peur de rien. Selon lui, le monde serait dominé par les femmes. Pour eux, les hommes seraient les vrais discriminés. Ils font bien sûr fi des violences conjugales, des viols, des inégalités professionnelles et des discriminations, bref de la réalité. Leur ambition affirmée: reprendre le pouvoir et renvoyer les femmes à la maison, au prix d’une guerre des sexes violente.

Comment expliquer que Valérie Pécresse les soutienne? La présidente de la région Ile-de-France ne peut ignorer l’idéologie de cette association. Si elle a toujours dénoncé le sexisme en politique, son engagement pour les femmes n’est pas exempt de stéréotypes. En 2015, elle estimait « qu’il faut une femme pour faire le ménage ». Une réplique des plus maladroites, immortalisée par le Petit Journal de Canal+.

En 2013, dans une interview donnée au Journal des femmes, elle multipliait déjà les poncifs sur les parents. A la mère, les enfants en bas-âge. Et, au père, l’autorité pour les ados, analysait-t-elle. Une vision un peu rétrograde.  «On sait bien combien les enfants ont besoin de suivi à l’adolescence. Et c’est à ce moment que l’on aurait le plus besoin des pères, notamment parce qu’ils sont une figure d’autorité», déclarait-t-elle. Charlotte Pudlowski dans Slate relevait d’ailleurs que cette personne brillante [Valérie Pécresse], à l’évidence ambitieuse, chérissant une activité professionnelle loin du caca des couches, capable de reconnaître qu’il demeure des inégalités entre hommes et femmes, est incapable de s’extraire complètement des clichés patriarcaux ».

Aujourd’hui, nous irons même plus loin. Non seulement, Valérie Pécresse ne s’extrait pas des stéréotypes, mais elle s’y complaît. Pis, elle fait la promotion et soutient financièrement des associations qui luttent contre l’égalité des droits entre hommes et femmes. Le réveil féministe salvateur devient urgent, Valérie Pécresse!

Charlotte Lazimi

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3 Réponses to “Valérie Pécresse, une masculiniste qui s’ignore?”

  1. Mnopwxy mars 1, 2016 à 9:31 #

    Quelle honte, ce qui renforce l’idée que je me fais prise directe de la réalité: les seules femmes qu’on (les hommes car le pouvoir) laisse monter sous prétexte d’égalité sont les femmes qui ressemblent à des hommes. En l’occurence qui intègrent depuis leur naissance sans problème tous les clichés, notemment sexistes, ces gens se retrouvrent chez les bourgeois et les religieux. De gros hypocrites très très loin des réalités, complètement mitomanes confortés par le système qu’ils forment au dépend de tous ceux qui vivent, eux, dans la réalité et pas devant leur télé entourés de leur pairs.

  2. dave r bio mars 1, 2016 à 10:19 #

    Vous avez raison, mais il y a plusieurs éléments à souligner :
    – Le seul moyen pour que les femmes puissent enfin bénéficier de l’égalité professionnelle au même titre que les hommes serait que les pères aient un statut et une importance reconnue égale à celle de la mère, et pour cela il faudrait que la défense de la cause des pères soit considérée comme une cause unanime chez les féministes afin d’éviter que les masculinistes soient les principaux à récupérer la cause des pères.
    – L’autre problème vient des questions suivantes : « Qui souhaite en premier fonder un foyer, l’homme ou la femme »? « Qui est le plus prêt à sacrifier sa carrière pour s’occuper des enfants, l’homme ou la femme »? Dans l’inconscient collectif, la réponse reste encore « la femme », et l’égalité » homme/femme ne pourra progresser que quand un nombre important d’hommes souhaiteront ne plus avoir de carrière pour s’occuper de leurs enfants, car les enfants seront toujours un frein pour la carrière d’au moins un des parents. Par contre, tant que les femmes souhaiteront plus vite le mariage et les enfants que les hommes, ces derniers pourront dicter leur loi. Ces derniers bénéficient aussi d’une horloge biologique plus lente leur permettant d’avoir des enfants plus tard que les femmes, après avoir construit leur carrière durant des années où être disponible le plus possible (donc sans enfants) est crucial pour avancer.

  3. Marie mai 1, 2016 à 9:54 #

    http://www.marieclaire.fr/,pour-valerie-pecresse-c-est-aux-femmes-de-changer-les-couches-du-bebe,695671.asp En effet. Les hommes ne laissent monter que les femmes acquises à la cause du patriarcat et se conformant aux structures lui permettant de perdurer. Même constat pour le monde de la pensée et de la recherche travaillant sans cesse à maintenir des angles morts, des sujets jamais abordés, et une rhétorique veillant à la reproduction des systèmes pyramidaux. Il ne doit en rester qu’un. Celui dont on retiendra le nom. C’est le but : la reconnaissance. Il éradique tous les autres. Le mâle ne cherche pas le mieux être de son groupe, il cherche à inscrire sa marque dans le temps, à devenir immortel, comme le fait un loup alpha par le biais de ses gènes. Concurrence, sélection, agressivité… Les lieux de pouvoirs sont, paradoxalement à ce qu’ils tentent d’afficher de culture, ceux dans lesquels traînent nos plus vieux fonds animaux, nos vieilles pulsions anales d’exclusion de l’autre. L’autre moins bien, moins bon, moins capable, indigne de la mémoire, juste bon pour l’oubli.

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