Hillary Clinton, une féministe à la Maison Blanche ?

8 Juin
Crédits: Youtube (Capture d'écran)

Crédits: Youtube (Capture d’écran)

Ce n’est pas la première fois qu’une femme se lance dans la course de la Maison Blanche. En 1984, Géraldine Ferraro était membre du ticket démocrate pour le poste de vice-présidente. Idem pour la néo-conservatrice Sarah Palin en 2008, aux côtés du Républicain John McCain. Cela dit, Hillary Clinton est la première femme candidate soutenue par un parti, celui des Démocrates, au poste suprême. Est-ce pour autant la première féministe assumée dans ce rôle? Pas sûr.

Hillary Clinton n’a jamais caché ses opinions politiques, surtout lorsqu’il s’agit de son féminisme. Celle qui se présente comme « Grand-mère en chef » ne manque pas une occasion d’évoquer le plafond de verre, son soutien au Planning Familial américain, ou encore l’importance de « rôle modèles » pour les petites filles. Hillary Clinton est féministe et se présente comme « la candidate des femmes ». Un positionnement rafraichissant.

Face à elle, son opposant Donald Trump est aussi misogyne qu’elle est féministe. Concernant l’égalité femmes/hommes, les électeurs et électrices américain(e)s auront le choix entre deux visions opposées des femmes, des hommes, et de l’égalité de droits. A propos des femmes, le candidat républicain ne manque pas d’inspiration. « J’ai dit que si Ivanka n’était pas ma fille, il se pourrait bien que je sorte avec elle », déclarait-il par exemple, goguenard. Pis, il a pris l’habitude, au cours de sa carrière d’homme d’affaires d’insulter les femmes avec lesquelles il est en désaccord, les qualifiant, entre autres, de « chiennes », de « souillons » de « gros cochons », « d’animaux dégoutants », de  «folles »etc. D’après une enquête sur l’homme menée par le New York Times,  il aurait fait « des avances au pas de charge, » avec «une conduite inquiétante dans le travail ». Autre exemple, sur la question de l’IVG, le « champ » comme il se surnomme, est farouchement contre. Il estime que les femmes, y ayant recours, devraient être « punies ».

Si Hillary Clinton devient présidente, elle sera la première femme et féministe assumée à la Maison Blanche. Mais ce n’est pas si nouveau. Barack Obama s’est illustré par ses positions et ambitions féministes et est fier de son bilan (que l’on retrouve sur le site de la Maison Blanche). Il s’est engagé sur l’égalité femmes/hommes, que ce soit sur l’IVG ou sur l’égalité salariale. En 2010, il déclarait: « Je ne suis pas entré dans la course présidentielle pour que les rêves de nos filles soient repoussés ou niés. Je ne suis pas entré dans la course présidentielle pour voir les inégalités et les injustices persister. Je suis entré dans la course présidentielle pour que nos filles aient les mêmes droits, les mêmes opportunités, les mêmes rêves que nos fils. »

Un bémol et de taille sur le « féminisme assumé  » d’Hillary Clinton. Peut-être ne mérite-t-elle pas un procès en féminisme, tant sa candidature et peut-être sa victoire serait historique. Cela dit, elle ne fait pas l’unanimité parmi certaines personnalités emblématiques féministes américaines comme Camille Paglia, qui l’accuse de « fraude ». L’objet de leur colère: son comportement vis-à-vis de son époux Bill Clinton. L’ancien président, très populaire, fut accusé, rappelons-le, dans les années 1990 de viol, d’agressions sexuelles et de harcèlement sexuel. Les plaignantes sont nombreuses, dont Juanita Broaddrick, Paula Jones et Kathleen Willey, et ce, bien avant l’affaire Monica Lewinsky et le « slut shaming » ultra violent, dont la jeune femme fut victime ensuite. Certes, il n’est pas le seul homme politique dans ce cas. En France, les affaires DSK, Baupin, Sapin, Tron, Raoult entachent la classe politique. Aux Etats-Unis, on n’est pas en reste, avec les scandales autour d’Anthony Weiner ou d’Arnold Schwarzenegger. Le problème? De nombreuses féministes accusent Hillary Clinton d’un silence complaisant devant les accusations sérieuses à l’encontre de son mari. Elle fut d’abord « the good wife », qui a soutenu Bill Clinton, en lieu et place des femmes qui osent dénoncer « viols et d’agressions ». Même Donald Trump, son rival, en a profité pour se dédouaner de son propre comportement sexiste, qualifiant ces actes de « viol ».

Espérons qu’Hillary, une fois élue Présidente des Etats-Unis appliquera ses ambitions féministes, sans omettre la lutte capitale contre les violences faites aux femmes et  le harcèlement sexuel dans son combat pour l’égalité.

Charlotte Lazimi

Publicités

Une Réponse to “Hillary Clinton, une féministe à la Maison Blanche ?”

  1. les bambinos juin 15, 2016 à 10:51 #

    Est-ce qu’on pourrait oublier l’épisode Monica ? Je pense qu’une femme présidente des Etats-Unis ferait quand-même du bien !!!
    Parfait ton blog! Merci pour ces infos !
    Je commence à me crier féministe ! :
    https://lesbambinos.wordpress.com/2016/06/14/feminisme-je-suis-feministe/

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :