Féminisme: Sélection de films et de livres, à lire ou à voir (ou pas) (partie 2)

18 Août

Muchloved2

Nous lançons une série d’été sur des oeuvres féministes (ou pas) que nous vous aecommandons ou que nous vous déconseillons. À voir, revoir, ou à éviter. Cette semaine: un livre. Quelques mois après le décès de Benoîte Groult, intellectuelle, écrivaine, et grande figure française du féminisme, nous vous recommandons le roman graphique de Catel. Une bonne introduction avant de dévorer les romans et le magnifique pamphlet, malheureusement toujours d’actualité Ainsi soit-elle. Notre seconde recommandation est un long-métrage sur l’enfer des prostituées au Maroc. Son réalisateur Nabil Ayouch raconte la vie quotidienne de prostituées de luxe.

Ainsi soit Benoîte Groult, de Catel

AInsi soit

Avec « cette bio-graphique », la dessinatrice Catel livre, en 2013, sa vision de la romancière et figure féministe Benoîte Groult. Cette « BD », c’est d’abord une histoire d’amitié, une belle rencontre. En 2008, Benoîte Groult a 90 ans. Elle n’a rien perdu de sa pertinence et de son impertinence. On y  découvre une femme libre, drôle, parfois intransigeante. La BD nous rappelle cependant que Benoîte Groult a eu une position, avec laquelle nous sommes profondément en désaccord. Nous sommes en 2011, en pleine affaire DSK. Étonnamment, celle qui avait brocardé les violences faites aux femmes et la misogynie défend le directeur du FMI, victime selon elle « des féministes ». Elle a cette phrase glaçante: « le viol, c’est pas la mort ». Cette déclaration rappelle celle de Jacques Lang, tout aussi scandaleuse à l’époque : « Il n’y a pas mort d’homme ». Une citation insupportable et qui va à l’encontre de ses combats. Rappelons qu’il y aurait au minimum en France 83 000 viols par an, soit plus d’un toutes les sept minutes. Aujourd’hui, c’est un fléau majeur aux conséquences terribles pour les victimes. Peu portent plainte, tant les chances d’aboutir à une condamnation sont faibles.

Ainsi soit Benoîte Groult donne un aperçu des ouvrages et de la personnalité complexe de la romancière. C’est une introduction à ses combats féministes et surtout à son œuvre littéraire riche et éclectique. Benoîte Groult évoque notamment sa passion pour la révolutionnaire Olympe de Gouge. Ce personnage historique, auteure de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, grande penseuse de la révolution, qui mourra sur l’échafaud en 1793, est aussi à découvrir dans les travaux de Benoîte Groult et dans une autre BD de Catel et Bocquet.

Much Loved

Much Loved affiche

Cet opus a suscité une polémique sans précédent au Maroc. L’ironie du sort ? Il n’est jamais sorti en salle. Mais cette production a de sulfureux qu’elle brise un certain nombre de tabous, en mettant en lumière les malheurs des prostituées marocaines. Son actrice principale : l’impeccable Loubna Abidar a reçu de nombreuses menaces de viol et de mort. Elle est  violemment tabassée. Rejetée à l’hôpital où les médecins refusent de la soigner, elle est dans l’impossibilité de porter plainte, raillée et méprisée par la police. Depuis, elle a quitté son pays. Elle relate d’ailleurs son histoire dans une autobiographie La Dangereuse, publiée chez Stock. En lice pour le César de la meilleure actrice, elle le méritait sans aucun doute.

Les réactions violentes et virulentes à l’encontre de Much Loved sont aussi fortes que cette peinture est juste. Le sort des prostituées aux mains d’Européens et de Saoudiens à l’attitude néocolonialiste, qui traitent les femmes comme des objets est terrifiant. La police n’est pas en reste, puisqu’elle rackette et viole ces dernières. Sans oublier, une société ultra conservatrice, ravie de récupérer l’argent gagné, mais qui jette l’opprobre les prostituées et refuse de les protéger. La tolérance à l’égard des clients pédophiles est aussi révoltante. Si le film se déroule au Maroc, la situation décrite pourrait avoir lieu partout ailleurs. À voir donc.

Charlotte Lazimi

A lire aussi: Féminisme: Sélection de films et de livres, à lire ou à voir (ou pas) (partie 1)

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2 Réponses to “Féminisme: Sélection de films et de livres, à lire ou à voir (ou pas) (partie 2)”

  1. lateforadate août 18, 2016 à 1:58 #

    Elle est rigolote la couverture de la BD « je n’aime pas la BD » j’ai comme l’impression que ça donne bien le ton du personnage !

  2. plumetribu mars 10, 2017 à 1:13 #

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