Ces femmes politiques de l’extrême

6 Jan

Michelle Bachman crédits: gageskidmore Flickr ccC’est officiel, l’Américaine Michelle Bachmann, chantre de l’extrême droite américaine, se retire de la primaire républicaine. Cette ex-desperate housewife, mère de cinq enfants, aux idées les plus rétrogrades sur le sexe, l’homosexualité, l’immigration ou encore les impôts, ne sera pas candidate à l’élection présidentielle américaine. Pourtant l’émergence de dirigeantes de courants extrêmes semble se multiplier…Sarah Palin aux Etats-Unis, Marine Le Pen en France, Alessandra Mussolini, (petite fille du dictateur, députée) en Italie, ou encore (Krisztina Morvai)  en Hongrie…

C’est étonnant, car pour l’extrême droite, la place des femmes n’est pas au pouvoir, bien loin de là. Elle est à la maison. La femme est censée être faible, fondamentalement différente de l’homme, et faite pour enfanter et seulement enfanter. Michelle Bachmann, Sarah Palin ou encore Marin Le Pen sont très loin de ces représentations, même si elles utilisent abondamment les métaphores maternelles pour justifier leur engagement politique. Sarah Palin se présente comme une « soccer mom » (mère qui assiste aux match de foot de ses fils). Marine Le Pen, quant à elle, se présente sur la page d’accueil de son site comme la « mère de trois jeunes enfants, je veux rendre l’espoir à tous ceux qui souffrent ».  Dans Une femme d’extrême droite dans les médias – Le cas de Marine Le Pen, Julie Boudillon l’analyse ainsi: « Ce qui cantonnait jusqu’à présent les femmes dans le rôle privé de mère au foyer devient un atout : c’est dire que les compétences valorisées ne sont pas d’ordre politique mais plutôt privé ». On ne peut ignorer que certaines femmes comme Marine Le Pen ou Alessandra Mussolini sont les filles ou petites-filles de leader d’extrême droite. Mais ce n’est pas le cas de la Hongroise viscéralement antisémite et xénophobe Krisztina Morvai, ni des femmes politiques aguerries du Tea Party, Palin et Bachmann.

Pourtant, la présence de ces femmes à la tête de partis marque-t-elle une évolution positive de ces mouvements? Pas sûr. Mais c’est un changement non négligeable, comme l’explique Michel Winok, professeur émérite à Sciences Po interviewé dans Le Monde du 17 janvier sur le cas Marine Le Pen:  » Il aurait par exemple été inconcevable, autrefois, qu’une femme puisse incarner l’extrême droite. C’est aujourd’hui possible. Pour une famille politique qui a toujours exalté la virilité et pratiqué le culte du chef, c’est une révolution ». Et si la féminisation est visible à sa tête, elle se fait aussi de l’intérieur. En décembre 2011, le démantèlement de groupes néo-nazis en Allemagne avait révélé la présence de militantes actives et convaincues, notamment dans le parti NPD. L’arrestation d’une femme membre d’un commando néo-nazi, responsable d’avoir tué une policière et neufs étrangers dans des restaurants turcs, avait horrifié le pays. Les femmes voteraient de plus en plus aux extrêmes. C’est en tout cas le pari fait par le FN. Selon le parti, elles auraient été 15% à avoir voté en faveur d’un candidat FN aux dernières cantonales contre 12% à l’ère Jean-Marie Le Pen. Ce qui est sûr, c’est que dans les démocraties, l’électorat féminin n’est pas à négliger. Faut-il rappeler que les femmes représentent plus de 52% des électeurs en France à la veille de la présidentielle?  A bon entendeur…

Charlotte Lazimi

Une Réponse to “Ces femmes politiques de l’extrême”

  1. Sylvie janvier 8, 2012 à 3:54 #

    Je ne crois que pas que l’existence de femmes d’extrême droite ou d’extrême tout court soi un phénomène nouveau, ce qui est nouveau c’est effectivement leur place de leader.
    Et il est à noter que de ce coté les partis extrêmes se montrent plus intelligents que… le parti socialiste par exemple qui n’a pas su fédérer les femmes à ses opinions.
    Car aujourd’hui où en est la politique ?
    A la séduction puisqu’elle ne semble plus avoir la capacité de défendre des « principes ». Et qui est le mieux placé traditionnellement dans le jeu de la séduction ?
    La femme.
    Les partis donc aux « mauvaises réputations » tentent donc la carte du « charme », de la beauté (elles sont généralement blondes si je ne m’abuse, à part M. Bachman – nom d’origine juive, j’espère qu’elle n’est pas antisémite…) et de la « rassurance ». Et oui, car, selon leurs idées, une femme est avant tout une mère bienveillante envers tous ses rejetons et une louve cruelle envers tous les autres…
    Ha si ces pauvres vieux messieurs du parti socialistes avaient avoir la même perspicacité, nous aurions été sauvés…

    PS : comme exemple flagrant de la capacité étrange de beaucoup de femmes à aller dans un sens totalement contraire à leurs intérêts visitez nos collèges et discutez avec ces jeunes filles en voiles qui défendent la sharia à grands cris.
    Et puis les petites catholiques, les petites juives…

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