Ras-le-bol des films de « princesses désespérées »

12 Déc
Cendrillon D.R.

Cendrillon D.R.

C’est la nouvelle idée lumineuse de Walt Disney. Après les succès au box office d’Alice au pays des Merveilles ou de Maléfique, on rempile avec Cendrillon. Le problème ? C’est un remake de l’original. On copie le meilleur et on garde le pire. On aurait préféré une vision plus féministe. C’est raté…

Disney avait pourtant fait des efforts. Depuis sa création, les princesses endormies, captives, muettes, ou ravies de faire le ménage comme Blanche-Neige, Arielle, Aurore, Belle ou Cendrillon, ont laissé place à des combattantes comme Mulan, Pocahontas ou Merida. Bien sûr, tout n’était pas parfait. Mais il y avait du progrès. Et là, patatras ! Un grand retour en arrière avec cette nouvelle création. Le film affiche pourtant un casting détonnant. Réalisé par Kenneth Branagh, avec entre autres Helena Bonham Carter, Cate Blanchett et deux héros de séries  TV, Lily James, vue dans Downton Abbey, et Richard Madden, alias Robb Stark dans Game of Thrones, on pouvait s’attendre à un film innovant. C’est tout le contraire qui est proposé. La bande-annonce en dévoile assez pour qu’on comprenne que Cendrillon, le film, est calqué sur le dessin animé. Quel intérêt donc de le reproduire, sachant qu’il date de 1950, c’est-à-dire il y a 65 ans ?

Hollywood a déjà réussi des adaptations plus audacieuses de cette histoire. Drew Barrymore incarnait, dans le film A tout jamais, une héroïne intelligente et courageuse. Dans Coup de Foudre à Manhattan, pourtant loin d’être un chef d’œuvre, Jennifer Lopez, face à Ralph Fiennes, réinventait aussi le personnage de Cendrillon. Son personnage était celui d’une mère célibataire, femme de chambre dans un palace en passe d’être promue. Quant à son « prince », un sénateur, il reprenait goût à la vie. Le film abordait le sujet des classes sociales et de la déconnexion entre le monde d’une certaine élite et le monde réel. Autre exemple pour un autre classique ? Kirsten Stewart a incarné une Blanche-Neige combative dans l’opus Blanche-Neige et le chasseur. Pas féministe pour autant, mais avec le mérite d’être plus moderne. Maléfique avec Angelina Jolie revisitait également le mythe de la « méchante ». Une approche pertinente qui apportait une plus-value à l’original. Heureusement, Into the woods, Promenons-nous dans les bois avec Meryl Streep, dont la sortie est aussi prévue en 2015, semble, si l’on en croit également sa bande-annonce, beaucoup plus intéressant. Johnny Depp joue le rôle du grand méchant loup du Petit Chaperon Rouge. Sa prestation a déjà un sens, quand on sait que le conte est une métaphore d’un viol. Rappelons au passage que la morale initiale n’est pas du tout féministe. La faute revient au petit chaperon rouge « trop voyant », « trop visible » qui chante haut et fort dans la forêt et finit « mangé par le loup ». Le sous-entendu est clair : il veut renvoyer les jeunes femmes à la maison, qui seraient responsables de sortir et punies par le viol. Espérons que ce film sera moins complaisant avec les violeurs.

Sans oublier, dans la rubrique contes revisités, la série Once Upon a Time, qui se réapproprie les personnages de contes de fées depuis trois saisons avec brio. Alors pourquoi ce décalage avec Disney ? Pour plaire aux enfants, serait-on tenté de répondre. Mais pourquoi ne pas prendre un film plus récent ? Pourquoi ne pas le réadapter avec humour, dérision, profondeur ? Le film Il était une fois, version semi-parodique des contes de fées Disney avec Amy Adams et Susan Sarandon, est plutôt réussi et parvient à se moquer avec tendresse de ces classiques. A Hollywood, les superhéros, qui s’adressent majoritairement à un public masculin, sont déclinés à outrance. Rares sont les femmes à l’affiche. Au contraire, les héroïnes sont encore et toujours abonnées aux rôles de princesses inutiles et en détresse. Dommage, on a connu des producteurs plus inspirés.

Charlotte Lazimi

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3 Réponses to “Ras-le-bol des films de « princesses désespérées »”

  1. Sylhouahe5 décembre 12, 2014 à 3:30 #

    Pour une bonne vraie parodie très sympa et très mignonne de Cendrillon, regardez Ella Enchanted ! Je crois que l’on ne fera pas mieux d’ici longtemps.

  2. Pierre de Nylon-Mode décembre 14, 2014 à 1:01 #

    Notre monde est-il prêt pour inverser les rôles, comprendre la force réelle des femmes qui font, modèlent et sauvent notre société.

    Un monde où les enjeux de notre futur serait plus proche de la paix.

Trackbacks/Pingbacks

  1. Fuck les princesses Disney! | Entre cuir et dentelle - février 14, 2015

    […] de Lady H.: après avoir terminé l’édition de ce texte, je suis tombée sur le post «Ras le bol des « princesses désespérées »» du blog Les martiennes. À […]

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