Primaires: les femmes éternelles exclues de la politique française ?

23 Jan

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2017, année électorale par excellence, laisse un goût amer, notamment les primaires qu’elles soient de droite ou de gauche. D’abord à droite, si 4,4 millions de personnes se sont déplacées, il n’y avait qu’une femme Nathalie Kosciusko-Morizet parmi les candidats, avec un score faible. Une seule présence pour la primaire de la Belle Alliance Populaire  n’augure rien de bon, quant à l’entrée de femmes dans le monde politique. Les plus hautes sphères de l’état leur sont toujours bel et bien fermées.

Au PS, c’est pire que chez les Républicains. Car à de nombreux égards, la situation semble régresser  depuis 2007. Dix ans plus tôt, Ségolène Royal était la candidate du parti, première femme à accéder au second tour d’une élection présidentielle. En 2012, deux femmes étaient en lice pour les primaires. Les deux avaient de sérieuses chances de l’emporter. Et Martine Aubry avait passé le second tour de la primaire face à François Hollande. Cette année, Sylvia Pinel, inconnue du grand public, n’a totalisé que 2,5% des voix. Ce n’est pas déshonorant, mais reste minime. Sa parole est d’ailleurs restée inaudible derrière celle de ses concurrents.

L’idée n’est pas d’imposer une femme à tout prix dans le débat, mais de rappeler que si peu de femmes participent à ce scrutin, à droite comme à gauche, c’est un signe inquiétant. Un régime démocratique, qui ne réussit à faire émerger que des hommes blancs d’une quarantaine ou d’une cinquantaine d’années, n’est pas en bonne santé. Les femmes politiques, si elles ne sont pas « des filles de » ou des « petites filles de » comme pour la dynastie Le Pen, n’ont que peu de chance de briguer un mandat présidentiel. C’est aussi valable à gauche qu’à droite.

Mais avoir une femme comme candidate n’est pas forcément un gage d’une candidature pour les femmes. Le cas de Marine Le Pen est un exemple en soi. Si elle est là, c’est d’abord parce qu’elle est la fille de son père et qu’elle fut imposée par lui comme vice-présidente il y a quelques années. Elle est une femme certes, mais avec le programme le plus anti-féministe possible. Elle menace les droits des femmes dans leur ensemble, à commencer par l’IVG, qu’elle surnomme « l’IVG de confort ». Bref, la France est dans une mauvaise posture, surtout avec la manifestation anti-IVG de ce dimanche. Les forces conservatrices sont plus galvanisées que jamais et ont une cible en ligne de mire : les droits des femmes.

Nous devrions tirer des leçons de l’histoire américaine. Hillary Clinton s’est heurtée au dernier plafond de verre, malgré 2 millions de voix de plus que son adversaire Donald Trump.  Si dimanche, la manifestation des femmes à Washington a  de quoi revigorer tant la mobilisation était impressionnante, il serait dommage d’élire en France encore un ou une ennemie des droits des femmes et de passer cinq ans à résister contre les attaques des ultra-conservateurs.

Charlotte Lazimi

 

 

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